
À Kinshasa, l’auditorat militaire de la garnison examine depuis ce mardi le dossier de l’adjudant Sarah Ebabi Bongama, membre du Personnel Militaire Féminin (PMF) et secrétaire adjointe au département de sécurité militaire de la DEMIAP. La sous-officière est poursuivie pour avoir enfreint le règlement interne en apparaissant en uniforme officiel dans des photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
Ces images, prises à l’occasion d’une séance photo de mariage avec son époux, ont circulé massivement sur Internet, suscitant une vague de réactions dans l’opinion publique. Pour la justice militaire, ce comportement constitue une violation des consignes hiérarchiques interdisant aux membres des FARDC d’utiliser l’uniforme en dehors du cadre professionnel ou des missions officielles.
Selon les éléments du dossier, une instruction du haut commandement, transmise par télégramme depuis plusieurs mois, rappelait aux militaires que le port de la tenue réglementaire ne pouvait être associé à des activités personnelles, festives ou médiatiques. L’objectif de cette directive était de protéger l’image de l’armée et de prévenir toute banalisation de l’uniforme.
« Le port de l’uniforme incarne la discipline, l’honneur et la loyauté. Le détourner de ce contexte, même pour un événement privé, constitue une faute », explique une source militaire proche de l’auditorat de Kinshasa.
L’audience en flagrance s’est ouverte dans une salle comble, en présence de plusieurs officiers et représentants du ministère public. L’adjudant Ebabi, visiblement calme, a reconnu les faits tout en plaidant la bonne foi, affirmant qu’il ne s’agissait que d’un souvenir personnel sans intention de nuire.
Cependant, la hiérarchie militaire se montre inflexible. Pour elle, le respect des ordres et de la discipline prime sur toute autre considération. L’auditorat pourrait prononcer une sanction disciplinaire sévère, voire une peine de détention, si la faute est confirmée.
Cette affaire relance un débat plus large sur la gestion de l’image des forces armées à l’ère des réseaux sociaux. Plusieurs analystes estiment que les FARDC devraient accompagner ces interdictions d’une campagne de sensibilisation afin d’éviter que des militaires, parfois peu informés des conséquences, ne se retrouvent dans des situations similaires.
En attendant la décision du tribunal de la garnison militaire de Kinshasa, le dossier de l’adjudant Sarah Ebabi Bongama continue de faire couler beaucoup d’encre, révélant les tensions entre modernité numérique et rigueur militaire au sein des forces congolaises.


