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Kasaï Central : la société civile saisit la Cour de cassation pour un présumé détournement de 300 millions de dollars sous l’ère John Kabeya

Un vent de colère souffle sur le Kasaï Central. La Société civile–Forces vives de la province a déposé, le 6 août 2025, une plainte officielle auprès du Procureur général près la Cour de cassation, dénonçant un détournement présumé de 300 millions de dollars américains destinés à des projets d’infrastructures, sous la gouvernance de l’ancien chef de l’exécutif provincial, John Kabeya Shikayi.

Dans une correspondance signée par Monique Nzeba Kabeya et Daniel Kapuka Kabole, les représentants de la société civile affirment que plus de 90 % des fonds décaissés par le gouvernement central pour des travaux cruciaux n’ont pas produit de résultats visibles. Les projets concernés portaient sur la réhabilitation de routes urbaines, la lutte contre l’érosion, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi que la construction du barrage hydroélectrique de la chute Mbombo.

« Nous constatons avec regret que la quasi-totalité des montants engagés a disparu, sans qu’aucun ouvrage significatif ne soit livré à la population », peut-on lire dans le document adressé au parquet.

Des entreprises pointées du doigt

La plainte mentionne plusieurs structures publiques et privées, parmi lesquelles le Bureau central de coordination (BCECO), l’Office des voiries et drainage (OVD) et la société Safrimex. Toutes sont citées comme parties prenantes dans les marchés publics qui auraient été mal exécutés ou totalement abandonnés.

Les plaignants demandent non seulement l’ouverture d’une enquête judiciaire, mais aussi des poursuites contre les responsables présumés et la restitution des fonds au trésor public.

Un climat de méfiance

Cette affaire intervient dans un contexte où la population du Kasaï Central dénonce régulièrement la mauvaise gestion et le manque de transparence dans l’utilisation des ressources publiques. Les routes impraticables, l’absence d’infrastructures de base et le retard dans l’électrification alimentent la frustration.

La Cour de cassation devra désormais déterminer si ces accusations reposent sur des preuves suffisantes pour engager des poursuites. En attendant, le dossier continue de faire réagir sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques, où l’on réclame que la lumière soit faite sur ce que la société civile qualifie déjà de “scandale financier du siècle” dans la province.

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