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Kinshasa : 10 ans de prison requis contre l’adjudant Ebabi Bongama Sarah pour une vidéo en uniforme sur TikTok

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a examiné ce mardi 28 octobre 2025 l’affaire opposant le ministère public à l’adjudant Ebabi Bongama Sarah, poursuivie pour avoir publié sur le réseau social TikTok une vidéo en uniforme des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Lors de l’audience, le Sous-Lieutenant Lisalama, représentant du ministère public, a requis une peine de 10 ans de servitude pénale principale contre la prévenue. Selon lui, l’adjudant Ebabi aurait intentionnellement publié et relayé la vidéo sur plusieurs comptes TikTok qu’elle gère. Le magistrat militaire a souligné que la prévenue possède plus de sept comptes actifs, ce qui démontrerait, selon lui, une habitude à utiliser les réseaux sociaux pour diffuser du contenu en uniforme militaire, en violation des règlements internes des FARDC.

Le ministère public a également accusé l’adjudant Ebabi d’avoir tenté d’influencer un témoin, en l’occurrence le photographe Yannick Kayembe, pour modifier sa version des faits, ce qui, selon lui, constitue une forme de subornation de témoin.

Au cours de l’audience, le renseignant Yannick Kayembe, photographe et propriétaire du Studio Rawstore situé sur le boulevard Sendwe, quartier Matonge dans la commune de Kalamu, a reconnu avoir lui-même mis en ligne la vidéo.
Devant le tribunal présidé par le Major Christian Safari, il a déclaré avoir publié les images sans l’autorisation de la militaire, confirmant ainsi les affirmations de la défense.

Cette déclaration a été considérée par le tribunal comme un élément clé du dossier, puisque la prévenue nie toute responsabilité directe dans la diffusion de la séquence incriminée.

Les avocats de l’adjudant Ebabi Bongama ont plaidé pour l’acquittement pur et simple de leur cliente, estimant qu’elle n’est pas responsable de la diffusion de la vidéo tournée à son insu.
Selon eux, aucune preuve matérielle ne démontre que l’adjudant Ebabi a elle-même publié ou partagé la vidéo. Ils soutiennent qu’il s’agit plutôt d’un acte isolé du photographe, aujourd’hui clairement identifié.

Les conseils de la défense ont également dénoncé une campagne d’acharnement contre leur cliente, rappelant qu’elle aurait été injustement présentée dans certains médias comme une militaire en quête de notoriété sur les réseaux sociaux.

Après les plaidoiries, le tribunal s’est déclaré suffisamment éclairé et a pris l’affaire en délibéré.
Le verdict est attendu ce mercredi 29 octobre 2025 à 14 heures, indique une source judiciaire proche du dossier.

En attendant la décision du tribunal, l’adjudant Ebabi Bongama reste détenue à la prison militaire de Ndolo. Ce procès, très suivi sur les réseaux sociaux, relance le débat sur l’usage des médias numériques par les membres des forces armées, un sujet de plus en plus sensible au sein de l’armée congolaise.

Rédaction : Victorianews

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