Accueil / Politique / Kinshasa : Jean-Pierre Bemba lance les travaux de désensablement du chenal de Kingabwa, gravement obstrué par des remblais illégaux

Kinshasa : Jean-Pierre Bemba lance les travaux de désensablement du chenal de Kingabwa, gravement obstrué par des remblais illégaux

Le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a procédé ce mardi au lancement officiel des opérations de désensablement et de réhabilitation du chenal de Kingabwa, à Kinshasa. Cette voie navigable stratégique, essentielle au trafic fluvial de la capitale, a été fortement dégradée par des pratiques de remblayage illégal et des actes d’incivisme répétés.

Une mobilisation institutionnelle de haut niveau

Le membre du gouvernement était accompagné du ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba Mwana Nshiya, du commandant de la 14ᵉ région militaire, le Général Stasin Kizimu Mbuyu, ainsi que du directeur général de la Régie des voies fluviales (RVF), Daniel Lwaboshi, et de son directeur technique, Cédric-Luc Tschumbu.

La délégation a effectué une descente sur site afin d’évaluer l’ampleur des dégradations affectant le chenal de Kingabwa, bras secondaire du fleuve qui joue un rôle déterminant dans la fluidité du trafic fluvial à Kinshasa.

34 000 camions de sable déversés illégalement

Selon les premières estimations communiquées sur place, près de 34 000 camions de sable et de gravats auraient été déversés ces dernières années dans le chenal, dans le but de créer illégalement des parcelles destinées à la construction immobilière.

Ces opérations de remblayage auraient été menées en complicité avec certains agents des services fonciers, accusés d’avoir délivré des autorisations irrégulières pour l’occupation de zones pourtant classées comme domaine public fluvial.

Ce remblayage massif a gravement perturbé l’écoulement naturel des eaux du fleuve, provoquant :

  • l’assèchement progressif de plusieurs ports de Kinshasa ;
  • une réduction significative du tirant d’eau ;
  • des difficultés d’accostage pour les embarcations commerciales ;
  • un ralentissement notable des activités portuaires et logistiques.

Un enjeu économique et environnemental majeur

Le chenal de Kingabwa constitue un maillon clé du système fluvial kinois, en connexion directe avec le Fleuve Congo, artère principale du transport de marchandises et de passagers en République démocratique du Congo.

Son obstruction progressive a eu des conséquences économiques importantes, notamment pour les opérateurs portuaires, les transporteurs et les commerçants dépendant du trafic fluvial. Sur le plan environnemental, l’altération du lit du chenal a également modifié l’équilibre hydraulique local, augmentant les risques d’inondation et de stagnation des eaux.

Vers des poursuites et une restauration durable

Au cours de la cérémonie, le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba a insisté sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État sur le domaine public fluvial et de mettre fin à l’anarchie foncière observée dans certaines zones stratégiques de la capitale.

Les travaux de désensablement devraient permettre :

  • le rétablissement du gabarit navigable du chenal ;
  • la reprise normale des activités portuaires ;
  • la sécurisation des installations riveraines ;
  • et la préservation durable des infrastructures fluviales.

Par ailleurs, des enquêtes administratives et judiciaires pourraient être engagées afin d’identifier les responsabilités dans cette affaire, notamment au sein des services ayant autorisé l’occupation illégale des berges.

Cette opération marque ainsi un signal fort des autorités en faveur de la protection des voies navigables et du redressement du secteur des transports fluviaux à Kinshasa.

Par Coco Kingson Cabamba

Laisser un commentaire