
La commune de Ndjili, à Kinshasa, a connu une matinée particulièrement tendue ce lundi. Au quartier 13, un jeune homme présenté comme un « kuluna » (délinquant notoire) a été pris à partie par une foule en furie, avant d’être brûlé vif.
L’individu, connu sous le sobriquet de « Maréchal Sepho », était redouté par les habitants pour ses multiples vols, braquages et agressions dans la zone. Selon plusieurs témoins rencontrés sur place, le jeune homme aurait dérobé une moto la veille, avant d’être retrouvé et arrêté par des habitants dans la matinée.
« Chaque fois qu’on le livrait à la police, il revenait quelques jours plus tard, plus violent encore. Cette fois-ci, les gens ont décidé d’en finir », a confié un témoin, sous couvert d’anonymat.
La colère des habitants de Ndjili traduit une fois de plus la méfiance grandissante des citoyens envers le système judiciaire congolais. Beaucoup dénoncent la laxisme de certaines autorités policières et judiciaires, accusées de relâcher régulièrement des délinquants pourtant connus dans leurs quartiers.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé à la fois leur indignation face à la brutalité de l’acte et leur compréhension du ras-le-bol populaire, soulignant le sentiment d’abandon sécuritaire dans plusieurs communes de la capitale.
Contactées par la presse, les autorités locales de Ndjili ont confirmé le drame et annoncé l’ouverture d’une enquête. La police affirme vouloir identifier les responsables de cet acte de justice populaire, tout en rappelant que nul n’a le droit de se faire justice soi-même.
« Nous comprenons la frustration de la population face à la criminalité urbaine, mais brûler un être humain n’est pas une solution. L’État de droit doit prévaloir », a déclaré un officier de la police nationale.
Ce nouvel épisode de violence urbaine vient raviver le débat sur la sécurité à Kinshasa, où les cas de lynchage de présumés voleurs se multiplient, faute d’une réponse judiciaire jugée crédible par la population.

