
Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a rendu ce mardi son verdict dans l’affaire opposant le ministère public à l’adjudante Béanche Sarah Ebabi, poursuivie pour avoir diffusé sur TikTok une vidéo en uniforme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Après plusieurs jours d’audience, le tribunal a condamné l’adjudante Ebabi à 12 mois de servitude pénale principale assortis d’un sursis, signifiant qu’elle ne purgera pas de peine de prison sauf en cas de nouvelle infraction dans les 12 prochains mois.
L’affaire avait suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, relançant le débat sur la discipline militaire et l’usage des réseaux numériques par les membres des forces de défense.
La vidéo en question, devenue virale, montrait la sous-officière dans une mise en scène jugée contraire à l’éthique militaire et aux règlements internes de la FARDC.
Lors du réquisitoire, le ministère public avait sollicité une peine de 10 ans de servitude pénale principale, estimant que le comportement de l’adjudante portait atteinte à l’image de l’armée congolaise.
Mais le tribunal a finalement retenu des circonstances atténuantes, considérant notamment son absence d’antécédents judiciaires, son jeune âge, et le regret exprimé durant les audiences.
Maître Jean-Pierre Makanga, avocat de la défense, s’est félicité d’un jugement qu’il qualifie d’« équilibré et humain ».
« Le tribunal a compris que ma cliente n’avait pas agi dans une intention de nuire. C’est un signal d’équilibre entre discipline militaire et respect des droits humains », a-t-il déclaré à la presse à la sortie du tribunal.
Le verdict relance la réflexion sur la gestion de la communication au sein des institutions militaires, alors que de plus en plus de soldats utilisent les réseaux sociaux pour s’exprimer ou partager leur quotidien.
Les autorités militaires, de leur côté, rappellent que le port de l’uniforme et les symboles militaires sont régis par des règles strictes et ne peuvent faire l’objet d’un usage public non autorisé.
L’adjudante Ebabi reste libre, mais sa situation demeure conditionnelle : toute récidive ou nouvelle infraction durant les douze prochains mois entraînerait l’exécution automatique de la peine.
Cette décision marque la fin provisoire d’un dossier qui aura tenu en haleine l’opinion et symbolise la tension croissante entre liberté individuelle et discipline institutionnelle dans l’armée congolaise.
Rédaction : Victorianews Online


