Accueil / Sécurité / Kinshasa : Le commandant de la PNC fustige les abus lors du contrôle technique

Kinshasa : Le commandant de la PNC fustige les abus lors du contrôle technique

Les abus constatés dans le cadre de l’opération de contrôle technique des véhicules dans la capitale ont été sévèrement dénoncés par le commissaire divisionnaire de la Police nationale congolaise (PNC), Israël Kantu, lors d’une parade organisée au stade des Martyrs. L’information est contenue dans un communiqué officiel parvenu dimanche à l’Agence congolaise de presse (ACP).

Selon ce document, le commandant de la PNC/ville de Kinshasa a exprimé son indignation face aux comportements jugés « inacceptables » de certains éléments de la police affectés aux postes de contrôle technique. Des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de brutalité, d’extorsion et de pratiques irrégulières commises sur des automobilistes et motocyclistes kinois.

Aucun policier n’a le droit d’arracher une plaque » : mise au point ferme du général Kantu

Dans sa mise au point, le commissaire divisionnaire Israël Kantu a rappelé avec fermeté les limites légales de l’action policière dans ce cadre précis.

« Nous dénonçons les dérapages constatés lors des contrôles techniques, dont certaines scènes sont devenues virales sur la toile. Aucun policier n’a le droit d’arracher une plaque d’immatriculation, de saisir un véhicule ou une moto pour une simple contravention, ni de percevoir une amende sur place. Celle-ci doit être établie au poste et payée à la banque », souligne le communiqué.

Cette déclaration vise à cadrer une opération déjà controversée, lancée par les autorités urbaines pour lutter contre la circulation des véhicules non conformes, souvent à l’origine d’accidents graves et de congestion routière.

Des pratiques illégales pointées du doigt

Plusieurs habitants de Kinshasa ont dénoncé, ces dernières semaines, la multiplication de contrôles perçus comme arbitraires ou purement extorsifs. Les automobilistes rapportent :

  • Des retenues illégales de véhicules, parfois pendant plusieurs heures ;
  • L’arrachement forcé de plaques d’immatriculation ;
  • Des paiements exigés sur le terrain, en violation des règles en vigueur ;
  • Des violences verbales et physiques exercées par certains agents.

Ces pratiques, filmées par des témoins, ont rapidement enflammé les réseaux sociaux, suscitant un débat national sur la discipline au sein de la police et la transparence des opérations publiques.

Vers un recadrage strict de l’opération

Face à la montée des critiques, Israël Kantu a annoncé une série de mesures visant à restaurer l’ordre et à garantir le respect des procédures légales :

1. Rappel des consignes disciplinaires à tous les agents

Les policiers impliqués dans l’opération devront désormais se conformer strictement aux textes réglementaires en vigueur.

2. Sanctions en cas de dérapages

Les éléments ayant extorqué ou agressé des conducteurs seront identifiés et sanctionnés conformément au code disciplinaire de la PNC.

3. Paiement des amendes exclusivement via les banques

Une manière d’éviter la corruption et les perceptions sauvages sur la voie publique.

🔹 4. Réorganisation des postes de contrôle technique

Le commandant promet une meilleure supervision des équipes déployées dans la ville.

Une opération indispensable mais contestée

L’opération de contrôle technique, bien que saluée pour son objectif de sécurité routière, rencontre une forte résistance à Kinshasa où de nombreux conducteurs dénoncent un manque d’informations, des tracasseries policières et des conditions d’exécution jugées chaotiques.

Pour les autorités provinciales, il s’agit pourtant d’un impératif de sécurité publique visant à réduire le nombre d’accidents causés par des véhicules en mauvais état, particulièrement fréquents dans la capitale.

un appel à la discipline et au respect de la loi

En réaffirmant l’interdiction des pratiques abusives, le commissaire divisionnaire Israël Kantu tente de redorer l’image de la PNC et de rassurer la population kinoise. Son message est clair : le contrôle technique doit servir l’intérêt général, et non devenir un prétexte à l’extorsion ou aux abus d’autorité.

Les prochains jours seront déterminants pour juger de l’impact réel des mesures annoncées sur le terrain.

Par Coco Kingson Cabamba

Laisser un commentaire