
Une situation sanitaire et humanitaire préoccupante a été révélée ce mercredi dans la capitale congolaise. Près de huit cents (800) corps d’indigents seraient actuellement abandonnés dans plusieurs morgues de Kinshasa, selon les conclusions d’une mission d’inspection menée par une commission de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK).
L’information a été confirmée par Steve Mulumba, président de la commission Aménagement du territoire et Environnement de l’APK, à l’issue d’une tournée d’évaluation des conditions environnementales dans différentes structures sanitaires de la ville. Cette mission visait à apprécier l’état des morgues et leur conformité aux normes sanitaires en vigueur.
« Plus ou moins 800 corps d’indigents sont actuellement abandonnés dans les morgues de Kinshasa. Nous sommes en discussion avec le gouverneur afin que des solutions idoines soient trouvées pour évacuer tous ces corps dans l’intérêt de tous », a déclaré Steve Mulumba.
Selon la commission parlementaire, l’encombrement prolongé des morgues pose de graves risques sanitaires, notamment en raison de la dégradation avancée de certains corps et des capacités limitées de conservation dans plusieurs établissements hospitaliers. Cette situation expose également le personnel médical et les populations riveraines à des dangers sanitaires potentiels.
Au-delà de l’aspect sanitaire, la problématique soulève aussi des enjeux sociaux et humanitaires. Les corps concernés sont majoritairement ceux de personnes décédées sans identité connue ou sans familles en mesure de prendre en charge les frais funéraires, une réalité accentuée par la précarité sociale croissante à Kinshasa.
Face à cette crise, l’Assemblée provinciale indique être engagée dans des consultations avec le gouvernement provincial, en vue de la mise en place d’un mécanisme d’inhumation digne et respectueux des normes légales et culturelles. Parmi les pistes évoquées figurent l’inhumation collective encadrée par l’État et la mobilisation de fonds publics ou partenaires pour désengorger les morgues.
En attendant des mesures concrètes, la commission appelle à une réponse urgente et coordonnée afin d’éviter une détérioration davantage marquée de la situation sanitaire dans la capitale, déjà confrontée à de nombreux défis structurels.

