
Kisangani a vécu une journée cauchemardesque. Dès 5h30 du matin, un déluge s’est abattu sur la ville et n’a cessé qu’aux alentours de 16h00, paralysant la vie urbaine et affectant l’ensemble des communes. Les quartiers longés par les rivières et les zones marécageuses ont été les plus touchés, avec d’importants dégâts matériels.
Des biens domestiques ont été détruits et plusieurs axes routiers se retrouvent désormais impraticables, notamment à la hauteur du complexe scolaire Masandi, dans la commune de Kisangani.
Des infrastructures mises à nu
Au cœur de la colère des habitants : la qualité des infrastructures routières.
« Regardez le genre des travaux que les Chinois font ici à Kisangani. En bas là-bas, il n’y avait rien du tout, et ce sont des millions de dollars qui sont déboursés. La route menant vers l’aéroport est maintenant coupée en deux… », dénonce un riverain.
Le constat est alarmant. Au point kilométrique 17, un pont a littéralement cédé sous la pression des eaux, isolant toute une partie de la ville. Les passants, désespérés, témoignent :
« Voyez comment la terre est en train de s’effondrer. Le pont construit ici ne convient pas, il est trop petit et ne supporte pas les charges des véhicules. Il s’est effondré, impossible maintenant de passer… »
Appel à l’aide et à la responsabilité
Face à cette catastrophe naturelle et infrastructurelle, la population exhorte les autorités à une réaction rapide. Elle réclame à la fois :
- Une assistance humanitaire urgente pour les familles sinistrées, privées de leurs biens et de logement.
- Une prise en main technique sérieuse afin de sécuriser les routes et ponts, jugés inadaptés face aux réalités climatiques et géologiques de la région.
Les sinistrés lancent également un appel à la solidarité nationale et internationale, tout en mettant en garde contre la gestion approximative des travaux publics.
« Nous voulons des routes qui tiennent, pas des millions engloutis pour rien », martèle un habitant.
Une alerte pour l’avenir
Ces inondations à Kisangani viennent rappeler, une fois de plus, la vulnérabilité des grandes villes congolaises face aux intempéries. Entre urbanisation mal maîtrisée, corruption dans l’attribution des marchés publics et absence d’un plan durable de gestion des eaux, le risque de catastrophes similaires demeure élevé.
La pluie s’est arrêtée, mais la colère et la douleur des Kisanganiens, elles, continuent de gronder.

