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Le général William Amuri Yakutumba rejette les accords de Washington et de Doha — « Les Wazalendo ne sont pas concernés »

Le chef des combattants Wazalendo, le général William Amuri Yakutumba, a vivement réagi aux récents accords signés par Kinshasa avec le M23 et le Rwanda à Washington et à Doha, affirmant que ces engagements politiques et militaires ne concernent en rien son mouvement.

« Les accords que Kinshasa a signés avec le M23 et le Rwanda à Washington comme à Doha ne concernent pas les Wazalendos. Nous allons continuer notre lutte jusqu’au bout »,
a déclaré le général Yakutumba dans un message relayé ce lundi sur plusieurs canaux proches des groupes d’autodéfense de l’Est du pays.

Cette sortie du chef rebelle intervient alors que le gouvernement congolais multiplie les démarches diplomatiques pour consolider la paix à l’Est, notamment à travers les accords de Washington (avec médiation américaine) et de Doha (sous l’égide du Qatar). Ces textes prévoient notamment un cessez-le-feu avec le M23, la réintégration de certains combattants dans l’armée nationale (FARDC) et un engagement mutuel de non-agression entre Kinshasa et Kigali.

Mais pour Yakutumba, ces démarches ne reflètent ni les aspirations ni les revendications des Wazalendo, ces milices d’autodéfense issues des communautés locales, qui affirment se battre « pour défendre le territoire national face aux envahisseurs ».

Selon plusieurs sources proches du mouvement Maï-Maï Yakutumba, les combattants se sentent exclus des discussions en cours.
« Ces accords ne traitent pas les vraies causes du conflit. Les Wazalendo n’ont pas été consultés, alors qu’ils tiennent les lignes dans plusieurs zones », a confié un cadre du mouvement sous couvert d’anonymat.

Cette position pourrait compliquer davantage la mise en œuvre des engagements conclus à Washington et à Doha. En effet, l’absence de certaines factions locales dans le processus de paix menace de créer une fracture sécuritaire persistante dans les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Nord-Katanga.

Pour les autorités congolaises, ces accords constituent pourtant une étape clé vers la stabilisation de l’Est. Le gouvernement espère réduire les foyers d’insécurité en intégrant progressivement les groupes armés dans un programme national de démobilisation.

Mais la réaction de Yakutumba révèle un défi majeur : la cohésion nationale du processus de paix.
« Tant que certains groupes ne se reconnaissent pas dans ces accords, la paix restera précaire », explique un analyste politique basé à Bukavu.

La déclaration du général William Amuri Yakutumba vient rappeler que la crise congolaise dépasse le seul cadre des négociations diplomatiques entre États et mouvements rebelles.
Alors que Kinshasa tente de refermer le chapitre de la guerre à l’Est, le refus des Wazalendo d’adhérer aux accords de Washington et de Doha laisse présager une poursuite des tensions sur le terrain, malgré les efforts de médiation régionale et internationale.

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