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Le M23 arrête un journaliste après la diffusion d’un témoignage accablant

La liberté de la presse continue d’être mise à rude épreuve dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ce samedi 20 septembre, le journaliste Ricardo Olenga, collaborateur de la radio communautaire Kako FM, a été arrêté à Goma par les services de renseignement de l’AFC-M23, le mouvement rebelle qui contrôle actuellement la capitale provinciale du Nord-Kivu.

Selon des informations recoupées auprès de plusieurs sources locales, cette arrestation serait directement liée à la diffusion d’une vidéo publiée sur la chaîne YouTube de la radio. Dans ce contenu, une habitante de Goma témoignait des difficultés que traverse la population depuis l’installation des rebelles dans la ville. Elle évoquait notamment les souffrances quotidiennes, les restrictions imposées par les combattants et les campagnes d’enrôlement forcé visant les jeunes, pratiques régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains.

L’arrestation de Ricardo Olenga s’inscrit dans une série d’actes d’intimidation et de répression visant les journalistes et les acteurs de la société civile dans les zones contrôlées par le M23. Plusieurs reporters locaux affirment travailler désormais sous une forte pression, avec des risques d’arrestation ou d’agression lorsqu’ils diffusent des contenus jugés critiques envers les autorités rebelles.

« C’est un message clair envoyé à tous les journalistes : ne parlez pas des violations, ne donnez pas la parole aux victimes », confie sous anonymat un confrère basé à Goma.

Du côté de l’AFC-M23, aucune réaction officielle n’a été donnée jusqu’ici pour expliquer cette arrestation. Toutefois, des sources proches du mouvement affirment que les publications « hostiles » à leur administration constituent une menace pour « la stabilité et la sécurité » dans les zones qu’ils occupent.

Les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains expriment une vive inquiétude face à cette situation. Elles demandent la libération immédiate et sans conditions de Ricardo Olenga, rappelant que les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans crainte de représailles.

« Le Nord-Kivu est déjà éprouvé par les conflits armés et les crises humanitaires. Réduire au silence la presse ne fait qu’aggraver la souffrance des populations », a déclaré un défenseur des droits humains contacté par Victoria News.

Depuis la prise de contrôle de Goma par les rebelles du M23, la population vit dans une atmosphère de peur et d’incertitude. Les témoignages faisant état de violations des droits humains, d’enrôlements forcés, d’extorsions et d’arrestations arbitraires se multiplient, malgré les restrictions imposées aux médias locaux.

L’arrestation de Ricardo Olenga apparaît ainsi comme un nouvel épisode dans la série noire visant à museler toute voix discordante dans une région où l’accès à une information indépendante devient de plus en plus restreint.

Par Coco Kingson Cabamba

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