
Une bouffée d’air pour la prison centrale de Makala. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a procédé ce lundi à la libération conditionnelle de 61 détenus, parmi lesquels deux jeunes femmes, dans le cadre d’un vaste programme gouvernemental visant à réduire la surpopulation carcérale en République démocratique du Congo.
Cette opération s’inscrit dans une série d’actions prioritaires du ministère, confronté à l’un des taux de surpopulation pénitentiaire les plus élevés d’Afrique. À Makala, dont la capacité officielle avoisine 1 500 places mais qui en accueille régulièrement plus de 9 000, cette mesure vise à restaurer un minimum de dignité et de fonctionnalité au sein de l’établissement.
Un geste symbolique mais aussi stratégique
Selon le ministre Ngefa, cette décision est le fruit d’un examen rigoureux des dossiers des détenus éligibles à une libération anticipée. Seuls ceux ayant présenté un comportement exemplaire, purgé la majorité de leur peine et ne représentant pas de menace pour la société ont été retenus.
« C’est un devoir humanitaire, mais aussi une exigence de justice. Nous ne pouvons pas continuer à tolérer la détention prolongée dans des conditions indignes. Ces libérations sont conformes à la loi et à l’intérêt général », a déclaré Guillaume Ngefa.
600 autres prisonniers bientôt concernés
Au-delà de Makala, le ministre a annoncé que près de 600 détenus à travers tout le pays bénéficieront dans les prochains jours de la même mesure. Des équipes mixtes composées de magistrats, services pénitentiaires et organisations de défense des droits humains travaillent déjà à l’identification des bénéficiaires dans les provinces.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des critiques récurrentes sur la gestion carcérale, notamment la lenteur judiciaire, les détentions irrégulières et les conditions sanitaires souvent alarmantes.
Des familles soulagées, une réinsertion à préparer
Devant les portes de Makala, l’émotion était palpable. Familles et proches ont accueilli les libérés dans une ambiance mêlant larmes, chants et remerciements. Pour beaucoup, cette libération représente une seconde chance.
Cependant, la question de la réinsertion sociale reste un défi majeur. Les ONG spécialisées alertent sur le manque de programmes de suivi, de formation et d’accompagnement psychologique pour les anciens détenus, conditions pourtant essentielles pour éviter la récidive.
Cette série de libérations, la plus importante depuis le début de l’année, marque la volonté du gouvernement de désengorger les prisons, améliorer le respect des droits humains et mettre en œuvre une politique pénale plus équilibrée.
Mais elle pose aussi une question centrale : comment garantir que ces mesures ponctuelles s’accompagnent de réformes structurelles durables ?

