
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Nondoko Andali, a formellement instruit l’ouverture de poursuites judiciaires contre deux membres du cabinet du ministre des Finances, soupçonnés de faits graves de corruption et de concussion liés au paiement des honoraires dus aux avocats de la République.
Selon une correspondance officielle datée du 30 décembre 2025, adressée au Procureur général près la Cour de cassation, le patron de la Justice congolaise enjoint le parquet à engager une action publique contre Trésor Kiala, Chargé d’études, et Yannick Isasi, Conseiller à la Trésorerie au cabinet du ministre des Finances.
Des soupçons de corruption autour du paiement des honoraires des avocats de l’État
D’après le document consulté, les deux agents sont accusés d’avoir entravé le processus normal de paiement des honoraires dus aux avocats de la République, en violation des procédures légales en vigueur. Il leur est notamment reproché d’avoir exercé des pressions sur le circuit financier du ministère des Finances, en exigeant le versement préalable de 15 % du montant global des honoraires avant l’alignement de l’Ordre de Paiement Informatisé (OPI).
Ces agissements présumés auraient empêché les avocats concernés de recouvrer normalement leurs honoraires, pourtant légalement dus par l’État congolais, suscitant l’intervention du Collectif des Avocats de la République.
Une instruction fondée sur la loi organique des juridictions judiciaires
Dans sa lettre, le ministre de la Justice fonde son injonction sur les dispositions de l’article 70 de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013, relative à l’organisation, au fonctionnement et aux compétences des juridictions de l’ordre judiciaire. Cette base légale autorise le ministre de la Justice à enjoindre le Procureur général d’ouvrir des poursuites lorsqu’il existe des indices sérieux d’infractions pénales.
Le ministre précise également que le dossier transmis au parquet est étayé par plusieurs pièces justificatives mises à sa disposition par le Collectif des Avocats de la République.
Une affaire suivie au plus haut sommet de l’État
La correspondance a été transmise pour information au Président de la République, à la Première ministre, ainsi qu’au ministre des Finances, attestant de la sensibilité du dossier et de son suivi au plus haut niveau de l’État.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté affichée des autorités congolaises de lutter contre la corruption, les pratiques illicites dans la chaîne de la dépense publique et les abus de pouvoir au sein de l’administration.
Un signal fort dans la lutte contre l’impunité
Cette injonction judiciaire constitue un signal fort envoyé aux agents publics, en particulier ceux impliqués dans la gestion des finances publiques. Elle traduit la détermination du ministère de la Justice à faire respecter l’État de droit et à sanctionner toute tentative de détournement ou de conditionnement illégal des fonds publics.
L’opinion publique attend désormais les suites judiciaires de cette affaire, alors que le parquet est appelé à établir les responsabilités individuelles et, le cas échéant, à engager des poursuites conformément à la loi.



