
Le Premier Président de la Cour de cassation, Élie Léon Ndomba, a livré un message d’une rare fermeté à l’intention des nouveaux magistrats congolais, lors de la cérémonie officielle de lancement de leur formation initiale à Kinshasa. Son discours, empreint de gravité et de lucidité, a mis en lumière les défis moraux et éthiques auxquels fait face la justice congolaise.
« Si vous êtes venus dans la magistrature pour vous enrichir, vous vous êtes trompés », a lancé d’emblée le haut magistrat devant un auditoire attentif. Pour Élie Léon Ndomba, la fonction de magistrat ne doit en aucun cas être perçue comme un moyen d’ascension matérielle, mais plutôt comme un sacerdoce au service de la justice, de la vérité et de la dignité humaine.
Il a poursuivi en condamnant fermement la pratique de la corruption dans le secteur judiciaire :
« Si vous pensez qu’en prenant l’argent de l’injuste pour lui donner raison, et vendre les droits de celui qui a raison, vous allez mieux vivre, le karma existe. »
Ces mots forts ont résonné comme un rappel à la conscience pour une profession souvent pointée du doigt par l’opinion publique pour ses dérives et ses compromissions.
Élie Léon Ndomba a également insisté sur les conséquences spirituelles et morales des actes posés par les magistrats corrompus, évoquant des répercussions qui dépassent le cadre professionnel.
« C’est pour ça que la plupart d’entre nous terminent la vie soit aveugles, soit paralysés. Il y en a qui ont des enfants malades mentaux parce qu’ils les nourrissent avec l’argent des larmes des autres. »
Par ces propos, il a voulu rappeler que la justice divine finit toujours par rattraper ceux qui trahissent leur serment et qu’aucune richesse bâtie sur la souffrance d’autrui ne saurait prospérer.
La cérémonie marquant le lancement officiel de la formation des nouveaux magistrats de la promotion 2025 a ainsi pris des allures de leçon d’éthique. Pour le Premier Président, la restauration de la confiance du peuple congolais dans la justice passe d’abord par la probité des magistrats eux-mêmes.
« La population attend de vous une justice juste, indépendante et intègre. Vous n’avez pas le droit de la décevoir », a-t-il insisté.
Ce discours intervient dans un contexte où les institutions judiciaires congolaises font l’objet de nombreuses critiques liées à la corruption, aux ingérences politiques et à la lenteur des procédures. En appelant à un sursaut moral, Élie Léon Ndomba semble vouloir inaugurer une nouvelle ère dans la magistrature congolaise, fondée sur la transparence, la rigueur et la responsabilité.

