Accueil / Politique /  Le Rwanda accuse la Belgique de soutenir militairement la RDC avec du matériel de l’OTAN

 Le Rwanda accuse la Belgique de soutenir militairement la RDC avec du matériel de l’OTAN

 Dans un rebondissement diplomatique tendu, le gouvernement rwandais a une fois de plus dénoncé ce qu’il qualifie de « ingérence extérieure » dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette fois, c’est la Belgique qui est dans le collimateur de Kigali, accusée d’utiliser du matériel de l’OTAN pour renforcer l’armée congolaise (FARDC) et « aggraver la situation » militaire.

Cette accusation intervient peu après que la RDC a, de son côté, publiquement dénoncé le Rwanda pour son soutien présumé aux rebelles du M23, ainsi qu’aux FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) – un groupe armé que Kigali a toujours combattu et qui est accusé d’être impliqué dans le génocide des Tutsi en 1994.

Selon un message publié sur les réseaux sociaux et attribué à un compte pro-gouvernemental rwandais, « La Belgique utilise du matériel de l’OTAN pour aggraver la situation dans la guerre dans l’est de la RDC ». Le post précise que Bruxelles est accusée d’« accroître son soutien militaire à la RDC afin d’empêcher le M23 de s’emparer de davantage de territoire ».

Cette charge contre la Belgique, ancienne puissance coloniale de la RDC, est perçue par certains observateurs comme une manœuvre visant à contrebalancer les accusations répétées de Kinshasa concernant l’implication rwandaise dans le soutien au M23, une rébellion principalement tutsie.

Contexte régional volatile

Les combats entre les FARDC, soutenues par des milices locales et des partenaires internationaux, et les combattants du M23 ont repris avec une intensité croissante ces derniers mois, déplaçant des centaines de milliers de civils et attisant les tensions entre la RDC et le Rwanda.

Le gouvernement congolais a régulièrement accusé le Rwanda de fournir des troupes et des armes au M23, ce que Kigali a toujours nié en bloc. En retour, le Rwanda affirme que la RDC collabore avec les FDLR, des éléments hostiles au gouvernement rwandais – une accusation également rejetée par Kinshasa.

La Belgique, cible diplomatique récurrente

La Belgique, qui entretient des relations complexes avec les deux pays, a souvent été prise à partie dans ce conflit par proxy. Si Bruxelles a officiellement appelé au dialogue, son soutien historique à la RDC en matière de coopération militaire et de formation des FARDC en fait une cible régulière des critiques rwandaises.

Jusqu’à présent, le gouvernement belge n’a pas officiellement réagi à ces nouvelles accusations. Des sources diplomatiques européennes évoquent, sous couvert d’anonymat, une « instrumentalisation des récits » dans le but d’influencer l’opinion internationale.

Alors que la guerre médiatique et diplomatique s’intensifie, les civils de l’Est congolais, eux, paient le prix fort, pris en étau entre des armées régulières, des milices et des influences étrangères de plus en plus visibles.

Laisser un commentaire