
Par un communiqué officiel dont une copie est parvenue à la rédaction de VictoriaNews, le Commandement des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) accuse l’armée rwandaise (RDF) de compromettre le processus de désengagement initié par le Gouvernement congolais. Selon le document signé par Cure Ngoma, Commissaire à l’information et porte-parole des FDLR, les forces rwandaises mèneraient des « actions coercitives et d’infiltration » pour empêcher le déplacement sécurisé de leurs combattants et de civils vers les centres de la MONUSCO, notamment à Goma, dans le Nord-Kivu.
Les FDLR affirment que, conformément à la demande officielle du Gouvernement de la République démocratique du Congo datée du 11 octobre 2025, elles s’étaient engagées à évacuer le territoire congolais avant la date butoir fixée. Cependant, selon le mouvement, ce processus aurait été gravement perturbé par la RDF, à travers des embuscades, des actes de sabotage et des infiltrations dans leurs rangs.
« Nos éléments ont été empêchés de progresser vers le centre MONUSCO par des actions coercitives, des embuscades et des trahisons opérationnelles de la part d’agents non identifiés infiltrés parmi nos rangs, qui transmettent nos positions à la RDF afin de faciliter des blocages ciblés », peut-on lire dans le communiqué.
Les FDLR estiment que ces actes « compromettent la sécurité de [leurs] combattants et des populations civiles » et violent les engagements pris par les autorités locales dans le cadre du processus de désengagement.
Face à cette situation, le mouvement rebelle appelle la communauté internationale et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) à intervenir de toute urgence afin de garantir la sécurité des itinéraires d’évacuation et de prévenir toute escalade dans la région.
Les FDLR demandent à la MONUSCO de « permettre la mise en œuvre effective du processus d’évacuation et de réintégration conformément aux engagements pris » entre les parties concernées.
Dans leur message, les FDLR réaffirment leur second objectif qu’ils qualifient d’inchangé : « regagner leurs foyers en paix » et participer à un « dialogue inter-rwandais constructif », à l’instar des précédents accords conclus entre d’autres mouvements et le gouvernement rwandais.
Ce communiqué intervient dans un contexte régional tendu, marqué par la persistance des affrontements dans plusieurs zones du Nord-Kivu entre forces armées congolaises (FARDC), groupes armés locaux et éléments étrangers, sur fond de rivalités entre Kinshasa et Kigali.
L’appel des FDLR met en lumière la fragilité du processus de désengagement ordonné par Kinshasa, alors que le gouvernement congolais tente de restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées par la guerre et de favoriser la réintégration des ex-combattants.
Pour l’heure, ni la MONUSCO ni les autorités congolaises n’ont officiellement réagi à ces accusations. Mais le mouvement rwandais exhorte les parties prenantes à garantir la sécurité des couloirs humanitaires afin d’éviter toute nouvelle escalade dans une région déjà éprouvée par des années de violences.
Rédaction : VictoriaNews


