
En cette période commémorative du mois d’octobre, le Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a délivré un message empreint d’émotion et de fermeté aux populations des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce discours, parvenu à notre rédaction, représente un hommage appuyé aux martyrs de la région et réaffirme l’engagement indéfectible de l’État congolais envers ses enfants de l’Est.
Le Chef de l’État a ouvert son allocution en rappelant la signification particulière du mois d’octobre pour les Kivusiens, décrivant cette période comme portant “les cicatrices de l’histoire”. Il a évoqué avec une gravité particulière la figure emblématique de Monseigneur Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, Archevêque de Bukavu, assassiné le 29 octobre 1996, au tout début de ce qu’il a qualifié de “nouvelle guerre d’agression” contre le pays. Le Président a souligné que le processus de béatification actuellement en cours à Rome dépasse la simple reconnaissance religieuse, représentant plutôt “une exigence morale adressée à chacun de nous”.
La liste des martyrs honorés s’est poursuivie avec Monseigneur Emmanuel Kataliko, “harcelé, exilé, brisé par la rébellion” et mort d’épuisement le 4 octobre 2000, ainsi que Monseigneur Kambale Mbogha, victime d’un accident vasculaire cérébral en pleine messe sous la pression de la rébellion, qui devait décéder le 9 octobre 2005. Le Président a dressé un tableau poignant de ces “trente années d’agressions, de déplacements forcés, de familles arrachées à leurs terres, de villages incendiés, de mères endeuillées, d’enfants orphelins”.
Le message présidentiel s’est transformé en un vaste hommage aux résistants contemporains. Félix Tshisekedi a exprimé ses encouragements et sa sollicitude à l’Archevêque métropolitain de Bukavu et à l’ensemble de son clergé, tout en rendant un hommage appuyé aux hommes et femmes tombés pour défendre l’honneur de la République, aux familles refusant d’abandonner leurs terres malgré la peur, et aux différents acteurs de la société civile – prêtres, religieuses, chefs coutumiers, leaders communautaires et journalistes courageux – qui maintiennent la parole du peuple.
Une attention particulière a été accordée aux Forces armées, aux services de sécurité et aux jeunes patriotes résistants Wazalendo, décrits comme défendant le territoire “souvent dans l’ombre, parfois sans reconnaissance, mais toujours avec un amour inconditionnel de la patrie”. S’adressant directement aux habitants des principales localités des Kivus, de Bukavu à Goma, de Beni à Uvira, en passant par Minova, Kalehe, Idjwi, Rutshuru, Masisi et Fizi, le Chef de l’État a lancé un message clair : “L’État ne vous a pas oubliés”.
Le Président a fermement rejeté toute perception de la crise de l’Est comme un problème local, affirmant avec force : “Ce que vous vivez n’est pas ‘votre problème là-bas à l’Est’. C’est notre problème à tous à Kinshasa comme à Bukavu, à Mbandaka comme à Goma, à Lubumbashi comme à Uvira”. Il a martelé que “tant qu’une seule partie de notre territoire souffre, c’est la République tout entière qui souffre”.
Sur le front de l’action gouvernementale, le message a rappelé la poursuite des démarches “sur les plans diplomatique, sécuritaire et humanitaire” pour obtenir “un cessez-le-feu véritable, le retrait des forces étrangères, la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, le retour des déplacés dans la dignité et la reconstruction des zones martyrisées”. Le Président a reconnu que ces efforts “ne se voient pas toujours immédiatement”, mais a assuré qu’ils se poursuivraient “avec détermination, sans faiblesse”.
La conclusion du message a pris une tonalité personnelle et solennelle, avec des phrases courtes et percutantes : “La République est avec vous. L’État est avec vous. Je suis avec vous”. Annonçant que “la paix n’est plus une promesse lointaine” mais “une direction, et nous y allons”, le Président Tshisekedi a clos son allocution par une bénédiction : “Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple”.
Ce message intervient dans un contexte de persistantes tensions dans l’Est du pays et semble destiné à conjurer le sentiment d’abandon parfois exprimé par les populations des Kivus, tout en réaffirmant la priorité absolue que représente la stabilisation de cette région pour les autorités de Kinshasa.


