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Liberté de la presse en danger : 330 journalistes emprisonnés dans le monde fin 2025, selon le CPJ

La liberté de la presse continue de reculer à l’échelle mondiale. À la fin de l’année 2025, 330 journalistes étaient détenus en prison pour avoir exercé leur métier, selon le dernier rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Un chiffre record qui illustre la dégradation alarmante des droits fondamentaux dans de nombreuses régions du monde.

La Chine en tête des pays geôliers de journalistes

D’après le rapport, la Chine demeure le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde, avec 50 professionnels des médias derrière les barreaux. La majorité d’entre eux sont poursuivis pour des accusations liées à la sécurité nationale, à la diffusion de « fausses informations » ou encore à des activités jugées subversives par les autorités.

Le CPJ souligne que ces détentions visent principalement des journalistes indépendants, des blogueurs et des reporters couvrant des sujets sensibles tels que les droits humains, la corruption ou la gestion politique de l’État.

La Russie, la Birmanie et le Belarus parmi les principaux contrevenants

La Russie figure également dans le top 5 mondial, avec 27 journalistes emprisonnés. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et le durcissement de la législation sur l’information, Moscou a intensifié la répression contre les médias critiques, assimilant souvent le travail journalistique à de la « propagande hostile ».

La Birmanie (Myanmar) arrive en deuxième position avec 30 journalistes détenus, conséquence directe du coup d’État militaire et de la répression systématique contre la presse indépendante. Les journalistes y sont régulièrement arrêtés, condamnés par des tribunaux militaires et détenus dans des conditions extrêmement précaires.

Le Belarus, dirigé par un régime autoritaire, complète cette liste avec 25 journalistes emprisonnés, souvent accusés d’atteinte à l’ordre public ou de collaboration avec l’opposition politique.

Israël et la situation particulière des journalistes palestiniens

Le rapport du CPJ mentionne également Israël, avec 29 journalistes palestiniens emprisonnés. Ces détentions s’inscrivent dans un contexte de conflit armé prolongé et de restrictions sévères à la liberté de mouvement et d’expression dans les territoires palestiniens.

Les organisations de défense des droits de la presse dénoncent des arrestations arbitraires, des détentions administratives sans inculpation formelle et des obstacles majeurs à la couverture médiatique du conflit.

Une tendance mondiale inquiétante

Pour le CPJ, ces chiffres records traduisent une tendance lourde.

« Ces données reflètent la montée de l’autoritarisme et des conflits armés dans le monde », souligne l’organisation dans son rapport annuel.

Le Comité note que les gouvernements utilisent de plus en plus des lois vagues sur la cybersécurité, le terrorisme ou la désinformation pour criminaliser le travail journalistique et faire taire les voix critiques.

Un appel à la mobilisation internationale

Face à cette situation, le CPJ appelle la communauté internationale, les organisations régionales et les institutions de défense des droits humains à intensifier la pression diplomatique pour obtenir la libération des journalistes détenus et garantir un environnement sûr pour l’exercice du journalisme.

Alors que l’information libre et indépendante demeure un pilier essentiel de la démocratie, l’emprisonnement massif des journalistes constitue un signal d’alarme mondial, mettant en péril le droit des citoyens à une information fiable et pluraliste.

Par la rédaction

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