
La déclaration de Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et désormais membre du mouvement terroriste M23, continue de provoquer un tollé dans la classe politique congolaise. Après avoir suggéré un changement de la forme de l’État congolais, Nangaa essuie une vague de critiques, dont l’une des plus virulentes provient de Prince Epenge, acteur politique de l’opposition et cadre influent de la plateforme LAMUKA.
Dans une publication directe et sans détour sur son compte Facebook, Prince Epenge a dénoncé avec force ce qu’il considère comme une tentative dangereuse d’introduire un projet politique inspiré de puissances étrangères.
« La forme fédérale de l’État est un poison que les Congolais n’avaleront pas, même par contrainte ! Qu’ils partent essayer ça chez le parrain au Rwanda d’abord. »
Pour Prince Epenge, il ne fait aucun doute que la proposition de Corneille Nangaa s’inscrit dans une démarche visant à affaiblir l’unité nationale. Selon lui, promouvoir le fédéralisme dans le contexte actuel — marqué par l’agression orchestrée par le M23 soutenu par le Rwanda — revient à légitimer le projet de balkanisation contre lequel la RDC se bat depuis des années.
L’opposant estime que cette idée n’a aucune base populaire et souligne que les Congolais restent attachés à un État unitaire, seule structure, selon lui, capable de préserver la cohésion et l’intégrité territoriale du pays.
Depuis son rapprochement avec le M23, Corneille Nangaa est devenu une figure politique controversée. Ses récentes déclarations sont perçues par plusieurs analystes comme une tentative de donner un vernis politique aux revendications de ce mouvement armé, responsable de nombreuses exactions dans l’Est du pays.
La proposition d’un changement de la forme de l’État est ainsi largement interprétée comme une stratégie visant à fragmenter le pouvoir central, un objectif que les autorités congolaises accusent le M23 et ses alliés régionaux de poursuivre depuis plusieurs années.
En s’exprimant avec autant de fermeté, Prince Epenge relaye également la ligne dure défendue par la plateforme LAMUKA face à toute initiative susceptible de fragiliser la souveraineté nationale. Pour ce courant de l’opposition, la priorité reste la défense de l’intégrité du territoire, indépendamment des divergences politiques internes.
Les propos de l’opposant traduisent la méfiance générale qui règne en RDC autour de toute discussion portant sur la forme de l’État, surtout lorsque celle-ci émane d’acteurs associés à un mouvement insurgé.
Alors que les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu et que la pression militaire du M23 demeure élevée, les déclarations de Corneille Nangaa ont ravivé un débat particulièrement sensible. Pour beaucoup, ses propos sont malvenus et dangereux dans un moment où la nation cherche à resserrer les rangs face à l’agression.
La réaction de Prince Epenge illustre ainsi le refus catégorique d’une large partie de la classe politique congolaise de toute initiative pouvant être interprétée comme un pas vers la fragmentation du pays.



