
Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a exigé, ce 10 décembre, la démission immédiate du ministre congolais de la Défense ainsi que du chef d’état-major général des Forces armées de la RDC (FARDC), après la prise de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23. Dans un communiqué rendu public, le mouvement affirme que ces hauts responsables ont « failli à leurs missions régaliennes » en laissant une cité stratégique de l’est du pays passer sous contrôle rebelle.
Selon LUCHA, la situation d’Uvira illustre une « incapacité persistante des autorités à garantir la sécurité et l’intégrité territoriale », alors que la région des Hauts-Plateaux et la plaine de la Ruzizi fait face depuis plusieurs années à des offensives répétées des groupes armés, dont l’AFC/M23, soutenu militairement par le Rwanda selon Kinshasa.
« Trop de vies ont été sacrifiées, trop de territoires cédés faute de leadership responsable. Ces démissions sont indispensables pour restaurer la confiance et ouvrir la voie à une nouvelle approche sécuritaire », peut-on lire dans le document publié par LUCHA.
Le mouvement citoyen appelle par ailleurs la population congolaise à une forte mobilisation civique « pour défendre la souveraineté nationale » et soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des communautés locales. Pour LUCHA, la crise actuelle représente « un tournant majeur » et nécessite une réaction immédiate afin d’éviter un effondrement plus large du dispositif sécuritaire dans l’est du pays.
À Kinshasa, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée du côté du ministère de la Défense ni de l’état-major général des FARDC. Toutefois, plusieurs sources sécuritaires indiquent que des réunions de crise se poursuivent afin d’évaluer la situation et envisager des contre-offensives pour reprendre Uvira.
La chute de cette ville frontalière constitue l’un des revers militaires les plus significatifs pour les forces gouvernementales depuis l’intensification des combats contre l’AFC/M23. Elle accentue la pression sur les autorités face aux critiques croissantes de la société civile, qui appelle à une refonte profonde de la stratégie sécuritaire nationale.


