
Dans une déclaration solennelle prononcée lundi soir à la télévision nationale, le président de Madagascar a annoncé le limogeage de son gouvernement. Cette décision intervient alors que le pays est secoué depuis jeudi par une vague de manifestations violentes, ayant déjà coûté la vie à 22 personnes selon un dernier bilan confirmé par les autorités et les organisations de la société civile.
Depuis plusieurs jours, des milliers de Malgaches descendent dans les rues d’Antananarivo et d’autres grandes villes pour dénoncer la cherté de la vie, le chômage endémique et la corruption persistante. Les forces de l’ordre ont été déployées massivement, mais les affrontements avec les manifestants ont rapidement dégénéré, provoquant des pertes humaines et de nombreux blessés.
Les manifestants réclament également des réformes politiques plus profondes, accusant le gouvernement sortant de ne pas répondre aux attentes de la population et de gérer la crise économique de manière opaque.
Face à l’escalade de la contestation, le président a tenté de reprendre l’initiative :
« J’ai décidé de mettre fin aux fonctions du gouvernement afin d’ouvrir une nouvelle page pour notre nation. La priorité absolue est de restaurer la paix et la confiance entre les institutions et le peuple », a-t-il déclaré.
Selon des sources proches de la présidence, des consultations devraient débuter dans les prochaines heures pour la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, censée être plus inclusive et répondre aux revendications sociales.
Si certains acteurs politiques saluent un geste d’apaisement, de nombreux leaders de la société civile et de l’opposition jugent cette décision tardive. Ils estiment qu’un simple changement d’équipe ministérielle ne suffira pas à répondre aux frustrations accumulées.
L’opposition exige non seulement un gouvernement de transition mais aussi l’organisation rapide d’élections anticipées. Des voix se sont également élevées pour réclamer une enquête indépendante sur les circonstances des 22 morts enregistrés depuis jeudi.
La communauté internationale suit de près la situation. L’Union africaine et l’ONU ont exprimé leur préoccupation face à l’escalade de la violence et ont appelé au dialogue. Plusieurs chancelleries occidentales présentes à Antananarivo exhortent les autorités malgaches à respecter le droit de manifester pacifiquement et à éviter un recours excessif à la force.
Le limogeage du gouvernement marque un tournant dans la crise actuelle, mais l’incertitude demeure. Le succès de cette décision dépendra largement de la capacité du président à rassembler autour d’un projet de sortie de crise crédible.
En attendant, la rue reste mobilisée, et l’opinion publique malgache retient son souffle dans l’attente des prochains développements.



