
Cent vingt-cinq (125) détenus en situation irrégulière ont été libérés lundi à la Prison centrale de Makala, à l’issue d’une visite d’inspection menée par le procureur général près la Cour de cassation, selon un communiqué officiel parvenu à l’Agence Congolaise de Presse (ACP).
D’après le document du Parquet général près la Cour de cassation, cette opération s’inscrit dans le cadre du respect strict des dispositions légales en vigueur et vise également à contribuer au désengorgement de cet établissement pénitentiaire, le plus important du pays.
« Le procureur général près la Cour de cassation a procédé à la libération de 125 détenus en situation irrégulière, conformément aux dispositions légales en vigueur. Cette démarche s’inscrit dans le souci de faire respecter strictement la loi et de contribuer au désengorgement de la prison », précise le communiqué.
Une mesure de légalité et d’assainissement judiciaire
La notion de “situation irrégulière” renvoie généralement à des cas de détention préventive prolongée au-delà des délais légaux, à l’absence de titre de détention valide ou encore à des irrégularités procédurales constatées dans le traitement des dossiers judiciaires.
Cette initiative du Parquet général traduit une volonté de renforcer le contrôle de la légalité des détentions et de lutter contre les abus ou dysfonctionnements susceptibles d’entacher le fonctionnement de la chaîne pénale.
Désengorgement de Makala : un enjeu structurel
La Prison centrale de Makala est régulièrement pointée du doigt pour sa surpopulation carcérale, une problématique persistante dans le système pénitentiaire congolais. Conçue pour accueillir un nombre limité de détenus, l’établissement héberge depuis plusieurs années une population largement supérieure à sa capacité théorique.
La libération de ces 125 détenus constitue ainsi une mesure ponctuelle de décrispation, mais elle relance également le débat sur la nécessité de réformes structurelles : accélération des procédures judiciaires, recours accru aux peines alternatives, et modernisation de l’administration pénitentiaire.
Un signal fort du Parquet général
Au-delà de l’acte administratif, cette opération envoie un signal clair quant au rôle de supervision exercé par le Parquet général près la Cour de cassation sur les lieux de détention.
En intervenant directement sur le terrain, le procureur général réaffirme la primauté du principe de légalité des poursuites et de la détention, pierre angulaire de l’État de droit en République démocratique du Congo.
Les autorités judiciaires n’ont pas précisé si d’autres missions d’inspection similaires sont prévues dans les prochains jours, mais cette démarche pourrait ouvrir la voie à un audit plus large des conditions de détention dans les établissements pénitentiaires du pays.

