
De graves violations des droits humains ont été signalées vendredi 26 décembre 2025 dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Aux environs de 16h45, plusieurs femmes revenant du marché de Mbizo auraient été systématiquement pillées puis violées par des éléments supposés appartenir à l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), selon des témoignages concordants recueillis auprès des victimes et de sources locales.
Une attaque ciblée contre des civiles sans défense
D’après les récits des survivantes, le groupe armé aurait intercepté ces femmes sur l’axe menant du marché de Mbizo vers leurs villages respectifs. Argent, marchandises et biens personnels ont été arrachés sous la menace des armes, avant que certaines d’entre elles ne soient soumises à des violences sexuelles d’une extrême brutalité.
Les victimes décrivent un mode opératoire organisé, laissant penser à une action préméditée plutôt qu’à un acte isolé. À ce stade, le nombre exact de femmes agressées n’a pas encore été officiellement établi, mais des sources humanitaires locales évoquent plusieurs cas graves nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Un acte de représailles présumé
Selon les témoignages recueillis sur place, ces exactions seraient liées à un acte de représailles. Les éléments de l’AFC/M23 auraient accusé des groupes d’autodéfense locaux, communément appelés Wazalendos, d’être à l’origine d’un vol de vaches survenu dans la nuit de jeudi à Marangara, localité voisine.
Toujours selon les mêmes sources, ce vol de bétail aurait coûté la vie à deux bergers, tués lors de l’incident. Les assaillants présumés auraient alors décidé de « punir » la population civile, ciblant particulièrement les femmes, pourtant étrangères à ces affrontements armés.
Indignation et climat de peur à Masisi
Ces événements ont provoqué une vive indignation au sein de la population locale et ravivé un climat de peur déjà persistant dans le territoire de Masisi, régulièrement secoué par des violences armées. Des leaders communautaires dénoncent une fois de plus l’utilisation systématique de la violence sexuelle comme arme de guerre, en violation flagrante du droit international humanitaire.
« Ce sont des crimes graves qui ne peuvent rester impunis. Les femmes paient le prix d’un conflit qui ne les concerne pas », confie un notable local sous couvert d’anonymat.
Appels à une enquête et à la protection des civils
Des organisations locales de défense des droits humains appellent les autorités congolaises, ainsi que les mécanismes internationaux compétents, à ouvrir sans délai une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de traduire les auteurs de ces actes devant la justice.
Elles exigent également le renforcement de la protection des civils dans cette zone instable, ainsi qu’une prise en charge médicale, psychologique et juridique adéquate pour les victimes.
À l’heure de la publication de cet article, aucune réaction officielle de l’AFC/M23 n’avait encore été enregistrée. Les autorités provinciales et nationales n’ont pas non plus communiqué publiquement sur ces accusations, alors que la situation sécuritaire demeure extrêmement volatile dans le territoire de Masisi.
Par Coco Kingson Cabamba


