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Moïse Katumbi appelle à une mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire de l’État

Dans une déclaration politique majeure rendue publique à l’occasion du sixième anniversaire de son engagement politique, le président du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, a lancé un appel solennel à la mobilisation nationale, dénonçant une crise multidimensionnelle profonde en République démocratique du Congo, marquée selon lui par la faillite de l’État, la corruption endémique et l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Une justice accusée d’être devenue un instrument de répression

Dans son message, signé depuis Londres, Moïse Katumbi fustige ce qu’il décrit comme une instrumentalisation systématique de l’appareil judiciaire, transformé en outil de persécution contre les voix dissidentes. Il évoque notamment des verdicts de complaisance rendus contre des opposants politiques, ainsi que des condamnations à mort prononcées après la levée du moratoire sur la peine capitale, un tournant qu’il qualifie de « seuil historique inquiétant ».

Selon lui, ces pratiques constituent des crimes au regard du droit international, révélant un pouvoir qui gouverne par la peur et la force plutôt que par la légitimité démocratique. « Ce sont des méthodes qui rappellent les régimes les plus sombres de notre histoire », affirme-t-il.

Un État en faillite et une corruption sans précédent

Le leader d’Ensemble pour la République dresse ensuite un tableau sombre de la gouvernance actuelle. Il estime que le fossé entre l’État et la population n’a jamais été aussi profond, dans un contexte où la corruption atteint des niveaux alarmants : détournements massifs de fonds publics, marchés truqués et pillage des ressources naturelles.

Moïse Katumbi souligne que l’État est aujourd’hui incapable d’assurer ses missions régaliennes essentielles, notamment l’éducation, la santé, la sécurité, l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Il rappelle que près de 85 % des Congolais vivent dans l’extrême pauvreté, tandis que des enfants meurent encore de faim et de maladies évitables.

« Pendant que les routes sont impraticables ou inexistantes et que le système éducatif est à l’abandon, une oligarchie prédatrice s’enrichit sans vergogne sur le dos du peuple », dénonce-t-il, estimant que cette situation est « ni normale, ni acceptable ».

Un engagement politique pour restaurer l’État de droit

Face à cette crise qu’il juge structurelle et persistante, Moïse Katumbi annonce un engagement clair et irrévocable de son parti pour mettre fin aux dérives actuelles et ramener le pays à la légalité constitutionnelle.

Il insiste sur le fait que la liberté et la démocratie ne se mendient pas, mais se conquièrent par l’engagement, l’unité et le courage. Dans cette optique, il annonce la mise en place d’un Directoire national d’Ensemble pour la République, chargé de définir la ligne politique du parti, d’assurer la cohérence de son action et de préparer l’organisation à exercer le pouvoir.

Vers un consensus national inclusif

Reconnaissant la gravité de la crise politique et sécuritaire ainsi que l’absence de solutions crédibles à court terme, Moïse Katumbi estime que ni la voie militaire ni la diplomatie extérieure ne suffisent à elles seules pour sortir le pays de l’impasse.

Il confie ainsi au futur Directoire national la mission d’entrer en contact, sans exclusion, avec toutes les parties prenantes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, afin de bâtir un consensus national capable de conduire la RDC vers une sortie durable de crise.

L’objectif affiché est clair : faire d’Ensemble pour la République une force démocratique disciplinée, organisée et prête à gouverner, exclusivement au service du peuple congolais.

Un appel à la mobilisation de toutes les forces vives

En conclusion, Moïse Katumbi appelle à la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation – partis politiques, société civile, confessions religieuses, jeunesse, femmes et diaspora – affirmant que le changement est possible et que l’histoire n’est jamais écrite d’avance.

« Vous n’êtes pas seuls », assure-t-il aux Congolaises et Congolais, promettant que son parti restera aux côtés du peuple, sans peur, sans compromis et sans résignation, jusqu’à l’avènement d’un Congo libre, souverain, réconcilié et démocratique.

Par Coco Kingson Cabamba

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