
À l’occasion de la Vigile de la Nativité célébrée à la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Lubumbashi, Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu, archevêque métropolitain de la ville et président de la CENCO, a livré une homélie d’une rare fermeté sur la gouvernance des ressources naturelles de la République démocratique du Congo. Devant des milliers de fidèles, le prélat a dénoncé ce qu’il qualifie de « convoitises immodérées » autour des minerais congolais et mis en garde contre des accords jugés déséquilibrés.
« Il est absurde qu’on ne voie en RDC que des minéraux à prendre », a-t-il déclaré, fustigeant une vision réductrice du pays, perçu uniquement comme un réservoir de matières premières. Selon Monseigneur Muteba, nombre d’accords évoqués dans l’actualité relèvent davantage de « coopérations déséquilibrées » que de véritables partenariats d’amitié et de développement mutuel.
Une mise en garde contre le bradage des ressources nationales
Dans un ton grave, l’archevêque de Lubumbashi a condamné toute tentative de céder ou de brader les ressources minières du pays à des fins de survie politique. « Il est inimaginable de brader les minéraux d’une nation entière pour sauver un régime ou un système politique », a-t-il martelé, estimant qu’une telle démarche équivaut à « confisquer le bonheur des générations » futures.
Ce message, prononcé en pleine période de Noël, a résonné comme un appel éthique et patriotique, invitant les dirigeants congolais à placer l’intérêt général et la dignité nationale au-dessus des calculs politiques à court terme.
L’Église catholique fidèle à son rôle prophétique
Par cette sortie, l’Église catholique en RDC réaffirme son rôle de vigie morale et de conscience critique face aux dérives de la gouvernance publique. La CENCO, sous l’impulsion de Monseigneur Muteba, n’a cessé d’alerter sur la mauvaise gestion des ressources, la corruption et l’injustice sociale, dans un pays pourtant parmi les plus riches au monde en minerais stratégiques.
Les propos de l’archevêque interviennent dans un contexte marqué par des débats intenses sur les contrats miniers, les partenariats économiques internationaux et la souveraineté économique de la RDC.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà des autorités politiques, Monseigneur Fulgence Muteba a implicitement interpellé l’ensemble de la société congolaise — décideurs, élites, société civile et partenaires étrangers — à repenser la manière dont les ressources du pays sont exploitées et redistribuées.
En cette fête de la Nativité, son message se veut à la fois spirituel et profondément politique : sans justice, sans équité et sans vision à long terme, la richesse minérale de la RDC risque de demeurer une malédiction plutôt qu’un levier de développement durable pour son peuple.


