
Le Collectif des Victimes de l’Agression Rwandaise (CVAR-ONGDH) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la montée inquiétante des recrutements forcés opérés par les rebelles du M23/AFC dans les zones qu’ils occupent au Nord-Kivu. Dans un communiqué officiel, l’organisation de défense des droits humains appelle les autorités congolaises et la communauté internationale à agir de toute urgence pour mettre fin à ces pratiques qualifiées de « violations graves du droit international humanitaire ».
Plus de 100 jeunes enlevés ce jeudi à Mweso
Selon le communiqué, dans la matinée du 13 novembre 2025, plus d’une centaine de jeunes ont été arrêtés de force puis embarqués dans des camions à Mweso, dans le groupement de Bashali Mokoto (territoire de Masisi).
Ces jeunes auraient ensuite été transférés vers un centre d’instruction militaire contrôlé par les rebelles.
Le CVAR souligne que ces opérations ciblées s’intensifient au fil des semaines et semblent désormais constituer une stratégie systématique de recrutement coercitif.
Des centaines d’autres jeunes déjà enlevés début novembre
Le phénomène ne date pas d’hier. Le 5 novembre 2025, plus de 400 jeunes avaient déjà été enlevés dans les villages de Katale et Lushebere, dans le secteur Osso Banyungu.
Ils auraient été conduits vers une destination encore inconnue à ce jour, laissant des centaines de familles dans l’angoisse et sans aucune information sur le sort de leurs enfants.
Des civils utilisés comme « boucliers humains »
Le Collectif condamne fermement l’utilisation présumée de ces jeunes comme boucliers humains, une pratique formellement interdite par le Droit international humanitaire et par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Selon le CVAR-ONGDH, ces méthodes montrent que les populations civiles vivent aujourd’hui sous une pression extrême dans les zones sous contrôle des rebelles, sans possibilité de se protéger ni d’y échapper.
Appel urgent à Kinshasa et à la communauté internationale
Le CVAR exhorte le gouvernement congolais, les institutions nationales et les partenaires internationaux à prendre immédiatement les mesures nécessaires pour :
- mettre fin aux enlèvements et aux recrutements forcés ;
- protéger les civils exposés aux exactions ;
- garantir la libération et la prise en charge des jeunes enlevés ;
- documenter les violations en vue de poursuites judiciaires.
L’ONG rappelle que ces agissements constituent non seulement une violation flagrante des droits humains, mais aussi une menace directe contre la stabilité de toute la région des Grands Lacs.


