
À quelques heures d’élections cruciales en Ouganda, la décision des autorités de suspendre l’accès à Internet à partir de 18 heures suscite une vive polémique. L’opposant ougandais et figure emblématique de la contestation, Bobi Wine, a vivement réagi, qualifiant cette mesure de « nouvelle dérive autoritaire d’un régime criminel prêt à tout pour confisquer la volonté populaire ».
Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux avant l’entrée en vigueur de la mesure, le leader de la National Unity Platform (NUP) a accusé le pouvoir en place de chercher à museler la population, empêcher la surveillance citoyenne du scrutin et dissimuler d’éventuelles fraudes électorales.
« Le régime criminel a annoncé une fermeture d’Internet à partir de 18h aujourd’hui, juste avant les élections. C’est une tentative claire de plonger le pays dans le blackout informationnel afin de voler les élections en toute impunité », a dénoncé Bobi Wine.
Une décision controversée de la Commission des communications
La suspension d’Internet a été officiellement annoncée par la Uganda Communications Commission (UCC), qui a ordonné aux opérateurs de téléphonie mobile et aux fournisseurs d’accès Internet de bloquer temporairement les services numériques, invoquant des raisons de sécurité nationale et de lutte contre la désinformation durant la période électorale.
La mesure concerne notamment l’accès public à Internet, les réseaux sociaux, les applications de messagerie, ainsi que la vente et l’enregistrement de nouvelles cartes SIM. Une décision qui rappelle les précédentes coupures observées lors des élections antérieures, régulièrement critiquées par les organisations de défense des droits humains.
Bobi Wine alerte la communauté internationale
Pour Bobi Wine, cette fermeture constitue une violation flagrante des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le droit à l’information. Il appelle la communauté internationale, les observateurs électoraux et les organisations de défense des droits humains à se tenir en alerte maximale.
« Quand un gouvernement coupe Internet avant une élection, c’est qu’il a peur de son propre peuple », a-t-il insisté, exhortant les citoyens à rester mobilisés et pacifiques malgré les restrictions.
Un climat électoral sous haute tension
Cette annonce intervient dans un climat déjà marqué par des arrestations d’opposants, des restrictions de rassemblements politiques et des accusations récurrentes de répression contre les voix dissidentes. Pour de nombreux analystes, la coupure d’Internet risque d’aggraver la méfiance entre le pouvoir et la population, tout en renforçant les soupçons autour de la transparence du processus électoral.
Alors que les regards sont tournés vers Kampala, la réaction ferme de Bobi Wine illustre une opposition déterminée à dénoncer ce qu’elle considère comme une stratégie délibérée de confiscation démocratique, au moment même où les Ougandais s’apprêtent à se prononcer sur l’avenir de leur pays.



