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Pentagone : CNN, Fox News, AFP et Reuters expulsés pour refus de censure

C’est une scène inhabituelle qui s’est déroulée ce jeudi dans les couloirs du Pentagone : plusieurs dizaines de journalistes ont quitté les lieux, boîtes et ordinateurs à la main, après avoir été sommés de vider leurs bureaux. En cause : le refus collectif de grandes rédactions américaines et internationales — dont CNN, Fox News, ABC, l’AFP et Reuters — de signer un document imposé par le Département de la Défense, restreignant sévèrement la liberté de publication.

Selon plusieurs sources concordantes, cette mesure découle d’une nouvelle politique de communication initiée par le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.
Le document en question obligeait désormais les médias accrédités au Pentagone à solliciter une autorisation écrite avant toute publication d’informations sensibles, même si celles-ci ne sont pas classifiées.

En d’autres termes, les journalistes auraient dû soumettre à validation leurs reportages, citations ou analyses touchant de près ou de loin aux affaires militaires américaines.

“Signer ce texte reviendrait à admettre une forme de censure préalable, contraire à la liberté de la presse garantie par la Constitution américaine”, a réagi un correspondant de CNN à Washington.

Face à ce qu’ils qualifient de “dérive autoritaire”, les principaux organes de presse accrédités ont décidé de refuser la signature du contrat et de quitter collectivement les bureaux du Pentagone.
Des images diffusées par les journalistes eux-mêmes montrent des files de reporters sortant avec leurs effets personnels, dans une ambiance tendue mais digne.

L’agence Reuters confirme que plus d’une centaine de correspondants ont rendu leurs badges d’accès. Seuls quelques médias proches de l’administration, comme One America News (OAN), auraient accepté les nouvelles condition

Du côté du Département de la Défense, la position officielle reste ferme. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, justifie cette charte comme une “mesure de bon sens visant à protéger les secrets militaires et à éviter les fuites non contrôlées”.
Mais pour de nombreux juristes et associations de journalistes, cette décision viole le Premier Amendement de la Constitution, qui protège la liberté d’expression et de la presse.

L’American Civil Liberties Union (ACLU) a déjà annoncé qu’elle envisageait une action en justice pour contester la légalité de ces restrictions.

“Le Pentagone semble oublier que la démocratie repose sur une presse libre, pas sur une presse contrôlée”, dénonce l’organisation Reporters Committee for Freedom of the Press.

Cette crise marque un précédent lourd de conséquences dans les relations entre les institutions américaines et les médias.
À court terme, l’éviction des journalistes du Pentagone limite considérablement la couverture directe des questions de défense et de sécurité. Les correspondants promettent cependant de poursuivre leur travail à distance, à travers des enquêtes indépendantes et des sources externes.

Pour plusieurs observateurs, cet épisode pourrait devenir un tournant majeur dans l’histoire des médias américains, et un avertissement pour les démocraties du monde entier sur la fragilité de la liberté d’informer.

Rédaction : VictoriaNews.online
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