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Prince Epenge fustige la dérive autoritaire du gouvernement après la suspension du PPRD et de l’ATD

La décision du ministère de l’Intérieur suspendant le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et l’Alliance pour la Transformation et le Développement (ATD) continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Prince Epenge, porte-parole de la plateforme LAMUKA et président de l’ADDCONGO, qui dénonce une « violation grave de la Constitution et des lois de la République ».

Dans une déclaration ferme, Prince Epenge estime que la suspension de ces deux partis par le ministère de l’Intérieur constitue un précédent inquiétant :

« Les suspensions du PPRD et de l’ATD violent la Constitution et les lois du pays. Ces mesures sont uniques, injustifiées et traduisent une dérive autoritaire qui rappelle les heures sombres de notre histoire politique », a-t-il déclaré.

Pour lui, le pouvoir en place agit en dehors du cadre légal, en s’arrogeant des prérogatives qui ne relèvent pas de l’exécutif mais du pouvoir judiciaire.

S’exprimant sur la confusion entre les individus et les institutions politiques, Prince Epenge a tenu à préciser :

« Kabila n’est pas le PPRD. S’il se méconduit ou adhère à Al-Qaïda, son parti n’en est pas responsable. Un parti politique est une affaire de tous les membres, pas d’un seul individu. »

Selon lui, l’amalgame entretenu entre les actions de certains leaders politiques et la responsabilité de leurs partis témoigne d’une volonté manifeste d’affaiblir l’opposition et de restreindre l’espace politique.

Dans le même communiqué, l’Alliance pour la Défense de la Démocratie au Congo (ADDCONGO) appelle les partis concernés, le PPRD et l’ATD, à ne pas se soumettre à une mesure jugée illégale :

« Nous appelons le PPRD et l’ATD à ne pas respecter un ordre qui viole la Constitution. Aucun ministre ne peut, en dehors des tribunaux, suspendre un parti politique légalement reconnu. »

Cette position rejoint plusieurs analyses juridiques indépendantes estimant que le ministère de l’Intérieur n’a pas compétence pour suspendre un parti politique sans décision judiciaire préalable.

Prince Epenge n’a pas épargné le parti présidentiel, l’UDPS, qu’il accuse d’imiter les pratiques qu’il combattait autrefois :

« Le peuple s’étonne de voir l’UDPS s’inspirer des méthodes discriminatoires du temps de Kabila pour gouverner aujourd’hui. »

Selon lui, la démocratie congolaise traverse une période de régression marquée par l’intolérance politique, la censure et la criminalisation de l’opposition.

Pour LAMUKA et l’ADDCONGO, il s’agit d’une manœuvre politique visant à museler les partis critiques à l’égard du régime Tshisekedi à l’approche des prochaines échéances électorales.

Par la rédaction

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