
Alors que l’annonce d’une grande réunion politique convoquée par l’ancien président Joseph Kabila à Nairobi continue de faire réagir la classe politique congolaise, la coalition d’opposition LAMUKA et le mouvement ADD CONGO ont pris clairement leurs distances.
Dans une déclaration ferme relayée ce lundi sur les réseaux sociaux et reprise par plusieurs médias, Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, a tenu à clarifier la position de son camp face à cette initiative politique de l’ancien chef de l’État.
« La Réunion de Nairobi est convoquée par Kabila pour les Kabilistes avec lesquels nous n’avons en commun ni idéologie politique, ni projet de société, ni valeurs. Par conséquent, la coalition d’opposition Lamuka et ADD Congo ne peuvent y être », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette rencontre, qui réunirait plusieurs anciens collaborateurs de Joseph Kabila ainsi que certains cadres du Front Commun pour le Congo (FCC), ne concerne en rien les forces d’opposition engagées dans un combat pour une alternance véritable.
Prince Epenge insiste sur la divergence fondamentale de vision entre Lamuka et les anciens kabilistes :
« Nous restons au pays pour nous battre en faveur du dialogue inclusif », a-t-il ajouté, soulignant la volonté de son camp de privilégier un cadre national de concertation ouvert à toutes les sensibilités politiques, plutôt qu’un rassemblement perçu comme partisan et exclusif.
Cette sortie intervient dans un contexte politique tendu, marqué par le retour inattendu de Joseph Kabila sur la scène politique après plusieurs années de silence. L’ancien président, récemment condamné par contumace par la Haute Cour militaire pour trahison et crimes de guerre, chercherait, selon certaines sources, à restructurer sa base politique et à repositionner son influence dans l’arène nationale.
Pour Lamuka et ADD Congo, toutefois, la priorité reste la lutte pour un véritable État de droit, la refondation des institutions et la préparation d’un dialogue national susceptible d’apaiser les tensions politiques actuelles.
« Bonne réunion à eux », conclut avec ironie Prince Epenge, en signe de distance assumée face à ce qu’il considère comme une démarche interne aux partisans de l’ancien régime.
Cette réaction illustre une fois de plus la fracture persistante au sein de l’opposition congolaise, partagée entre les anciens proches du pouvoir kabiliste et les mouvements réformateurs prônant une opposition indépendante et citoyenne.
Par Coco Kingson Cabamba



