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Procès Kabila : les avocats de la République relancent le débat sur sa nationalité

Le procès de l’ancien président Joseph Kabila, devant la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo, a repris ce vendredi avec un nouvel épisode centré sur la question de sa nationalité. Les avocats de la République (partie civile) ont insisté sur le fait que la remise en cause de la congolité de l’ex-chef de l’État ne relève pas d’une invention, mais repose sur des déclarations publiques faites par plusieurs personnalités nationales et internationales.

« Au sujet de la dénégation de la nationalité congolaise dans le chef du prévenu, cela ne vient pas de l’invention des avocats de la République », a déclaré Me Jean Marie Kabengela, avocat de la partie civile.
Il a souligné que cette thèse s’appuie sur les propos tenus par diverses figures politiques congolaises, parmi lesquelles le professeur Ngoy Mukena, Moïse Katumbi, Willy Mishiki, Vital Kamerhe, Honoré Ngwanda et Jean-Pierre Bemba.

L’avocat a notamment évoqué une intervention diffusée en juin 2025 sur Top Congo FM et relayée par le média Pepele News, dans laquelle certains intervenants soutenaient que Joseph Kabila serait de nationalité rwandaise et serait venu en RDC en tant qu’« espion ».
À ces prises de position, il a ajouté celles de l’écrivain international Va Lengi Ngemi, qui a exprimé des doutes similaires à travers ses publications.

Particularité de ce procès : l’ancien président Joseph Kabila n’est pas représenté par une équipe de défense devant la Haute Cour militaire. Cette absence laisse la place à un débat essentiellement porté par le parquet général militaire et les avocats de la République, qui développent leurs thèses sans contradiction directe dans la salle d’audience.

La remise en cause de la nationalité de Joseph Kabila n’est pas nouvelle ; elle a déjà marqué la vie politique congolaise durant ses années au pouvoir (2001-2019). Toutefois, sa réintroduction dans un cadre judiciaire officiel suscite de vifs débats au sein de l’opinion publique, certains y voyant une instrumentalisation politique, d’autres un exercice nécessaire de vérité historique.

La Haute Cour militaire a pris acte des arguments avancés ce vendredi. La décision est attendue dans le délai légal, et pourrait ouvrir un précédent juridique majeur dans l’histoire politique récente de la RDC.

Par Coco Kinson Cabamba

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