
Une image publiée par Getty Images a attiré l’attention des observateurs avertis. On y voit la cheffe de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles, et la porte-parole présidentielle, Karoline Leavitt, écouter le président Donald Trump annoncer, depuis le Bureau ovale, la création d’une réserve stratégique américaine de minerais critiques, baptisée “Project Vault”.
Un projet ambitieux, chiffré à 12 milliards de dollars, qui place la République démocratique du Congo (RDC) au cœur d’un réalignement géoéconomique mondial.
Une annonce lourde de sens stratégique
Entouré de chefs d’entreprise et de législateurs, le président Trump a présenté le Project Vault comme un plan d’urgence national destiné à sécuriser l’approvisionnement des États-Unis en minerais critiques — notamment le cobalt, le lithium et le cuivre — indispensables aux industries de défense, de l’énergie, des technologies et de la transition verte.
L’objectif est clair : réduire, voire mettre fin, à la dépendance américaine vis-à-vis de la Chine dans ces chaînes d’approvisionnement stratégiques.
Pourquoi cette information concerne directement chaque Congolais
À première vue, cette annonce pourrait sembler lointaine. Pourtant, elle explique en profondeur les véritables enjeux du déplacement du président Félix-Antoine Tshisekedi à Washington.
Au-delà du symbolique Déjeuner National de Prière (National Prayer Breakfast), le cœur de cette visite est ailleurs : l’Expo stratégique liée au Project Vault, là où se négocient les contrats, les financements et les partenariats structurants.
Project Vault : la RDC au centre de l’échiquier mondial
Le Project Vault repose sur un schéma financier et géopolitique précis :
- Financement principal :
👉 10 milliards de dollars sous forme de prêts accordés par l’EXIM Bank des États-Unis - Partenaire clé et incontournable :
👉 La République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et acteur central du cuivre et du lithium africains 🇨🇩
Pour Washington, la sécurisation des minerais critiques ne peut se faire sans la RDC.
Pourquoi l’Expo stratégique pèse plus que le Déjeuner de Prière
Le Déjeuner National de Prière demeure un moment de diplomatie symbolique et de fraternité internationale.
Mais l’Expo “Project Vault” est, elle, un espace de décisions économiques concrètes.
C’est dans ce cadre que le président Tshisekedi entend repositionner la RDC :
- non plus comme un pays assisté,
- mais comme une puissance industrielle émergente, partenaire direct des grandes économies mondiales.
Ce qui se joue réellement dans les coulisses
Plusieurs signaux forts émergent de ce projet stratégique :
1. La fin des intermédiaires
Les États-Unis souhaitent traiter directement avec Kinshasa pour l’achat et la transformation des minerais.
Un changement majeur qui constitue une reconnaissance explicite de la souveraineté congolaise sur ses ressources naturelles.
2. Le corridor de Lobito, pilier logistique
Les financements américains visent à renforcer le corridor de Lobito, notamment par la construction et la modernisation du chemin de fer reliant les zones minières de la RDC à l’océan Atlantique.
Conséquence directe :
➡️ Les richesses congolaises ne transiteront plus par l’Est, longtemps gangrené par l’insécurité et les trafics.
3. L’isolement stratégique du Rwanda
Point hautement sensible : dans toutes les communications officielles autour du Project Vault, le Rwanda est totalement absent.
Washington fait le choix de la légalité internationale et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Pour les États-Unis, le partenaire minier reconnu est le Congo, et aucun autre acteur.
Un tournant pour l’indépendance économique congolaise
Si la prière unit les consciences, le Project Vault construit l’avenir économique.
La visite du président Tshisekedi à Washington s’inscrit ainsi dans une dynamique historique :
👉 transformer les minerais congolais en leviers de développement national, afin qu’ils servent enfin à bâtir des routes, des écoles, des hôpitaux et une industrie locale forte.
À travers le Project Vault, la RDC ne se contente plus d’être un réservoir de matières premières :
elle s’affirme comme un acteur central de la nouvelle géopolitique mondiale des ressources stratégiques.



