
Le député national Auguy Kalonji a officiellement lancé, ce samedi, une campagne nationale de collecte de signatures visant à imposer l’instauration d’une justice transitionnelle comme préalable incontournable à tout dialogue national inclusif en République démocratique du Congo.
À la tête du parti ABIR et soutenu par ses alliés du FDC, l’élu affiche une position sans équivoque : « Il ne peut y avoir de paix durable sans vérité ni responsabilité ».
Une condition préalable au dialogue
Alors que le débat sur un éventuel dialogue national revient avec insistance dans le contexte sécuritaire et politique actuel, Auguy Kalonji pose une exigence majeure : la mise en place d’un mécanisme formel de justice transitionnelle avant toute concertation politique.
Selon lui, tout processus de dialogue qui ignorerait les crimes commis contre la Nation risquerait de consacrer l’impunité et d’encourager la répétition des violences.
« Les auteurs de crimes doivent répondre de leurs actes. La réconciliation ne peut être synonyme d’amnésie collective », a-t-il déclaré devant ses partisans à Kinshasa.
La justice transitionnelle, telle que défendue par le député, inclurait notamment :
- des mécanismes de vérité et de réparation pour les victimes ;
- des poursuites judiciaires ciblées contre les responsables de crimes graves ;
- des garanties institutionnelles contre la récidive.
Une réforme constitutionnelle en ligne de mire
Au-delà de la justice, l’initiative comporte également un volet constitutionnel. Le député propose l’introduction d’une disposition interdisant explicitement l’accès aux fonctions publiques à toute personne ayant pris les armes contre la Nation.
Cette proposition vise, selon ses initiateurs, à « moraliser la vie publique » et à rompre avec les cycles d’intégration politique d’acteurs armés dans les institutions.
Une telle réforme nécessiterait un processus constitutionnel rigoureux, impliquant soit une révision parlementaire qualifiée, soit un référendum, conformément aux dispositions en vigueur.
Une mobilisation nationale en cours
La campagne de collecte de signatures a déjà recueilli plusieurs centaines d’adhésions à Kinshasa, selon les organisateurs. Elle doit s’étendre progressivement à d’autres provinces, notamment au Kongo Central, avant un déploiement sur l’ensemble du territoire national.
Les promoteurs de l’initiative affirment vouloir transformer cette mobilisation citoyenne en une pression politique capable d’influencer l’agenda national.
Un débat sensible
L’exigence d’une justice transitionnelle préalable au dialogue pourrait susciter des débats au sein de la classe politique congolaise. Si certains y verront un impératif moral et institutionnel, d’autres pourraient estimer qu’une telle condition risque de retarder un processus de désescalade politique ou sécuritaire.
Dans un contexte marqué par des tensions persistantes à l’Est et des fractures politiques internes, la proposition d’Auguy Kalonji ouvre un nouveau front dans le débat sur les mécanismes de sortie de crise.
Reste à savoir si cette initiative citoyenne parviendra à s’imposer comme une revendication centrale dans les discussions nationales à venir.


