
Une nouvelle tension politique secoue le Sénat de la République démocratique du Congo. Les sénateurs membres du groupe politique AFDC-A ont officiellement pris leurs distances avec les récentes déclarations de Modeste Bahati Lukwebo, actuel deuxième vice-président du Sénat, au sujet d’une éventuelle révision de la Constitution.
Dans une déclaration rendue publique ce 9 mars 2026 à Kinshasa, les élus de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés affirment que la sortie médiatique de Bahati Lukwebo n’a fait l’objet d’aucune discussion ni validation préalable au sein du groupe politique. Ils considèrent donc que ces propos ont été exprimés à titre strictement personnel.
Une prise de distance officielle du groupe AFDC-A
Dans leur communiqué, les sénateurs de l’AFDC-A indiquent clairement qu’ils se désolidarisent de la position exprimée par leur autorité morale, soulignant que cette intervention publique ne reflète pas la ligne officielle du groupe parlementaire au Sénat.
Les signataires invitent par ailleurs le deuxième vice-président du Sénat à tirer toutes les conséquences politiques qui s’imposent après cette prise de position jugée controversée.
Cette réaction intervient quelques jours après un point de presse au cours duquel Modeste Bahati Lukwebo avait déclaré que la RDC ne souffrait pas d’un problème de textes juridiques, mais plutôt d’un déficit dans l’application des lois par les dirigeants et les institutions.
« Le pays n’a pas un problème de textes, mais plutôt d’hommes qui doivent les appliquer et s’y conformer », avait-il notamment affirmé.
Une pétition pour sa déchéance dépasse le seuil requis
Parallèlement à cette prise de distance politique, une pétition visant la déchéance de Bahati Lukwebo comme membre du bureau du Sénat circule actuellement au sein de la chambre haute du Parlement.
Selon les informations relayées par plusieurs sources parlementaires, le seuil réglementaire de 22 signatures a déjà été dépassé. Au total, 28 sénateurs seraient engagés dans cette initiative, avec l’objectif de réunir davantage de signatures afin de consolider la démarche.
Si cette pétition aboutit, elle pourrait ouvrir la voie à une procédure parlementaire visant à remettre en cause la position de Bahati Lukwebo au sein du bureau du Sénat.
Soutien renouvelé au président Félix Tshisekedi
Dans leur déclaration, les sénateurs du groupe AFDC-A ont également tenu à réaffirmer leur soutien aux réformes engagées par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Ils ont salué les efforts diplomatiques et sécuritaires menés par le chef de l’État, notamment dans le contexte de la crise persistante dans l’Est du pays, tout en rappelant leur attachement à l’unité nationale, à la paix durable et à la défense des intérêts supérieurs de la nation.
Le groupe politique a également exprimé son soutien aux sanctions internationales prises contre certains responsables rwandais, accusés de soutenir l’instabilité dans l’Est de la RDC.
Un nouvel épisode de tensions politiques
Cette prise de position marque un nouvel épisode de tensions internes au sein de la classe politique congolaise, alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue de susciter de fortes divergences.
L’évolution de la pétition et la réaction officielle de Modeste Bahati Lukwebo pourraient déterminer la suite des événements au Sénat, dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs controverses institutionnelles.



