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RDC : polémique autour de la Constitution, Modeste Bahati Lukwebo vivement attaqué par un cadre de l’UDPS

Le débat sur la modification ou le changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue de susciter de fortes réactions au sein de la classe politique. Une tribune signée par Richard Ilunga Muipatayi, haut cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et ancien ministre provincial, s’attaque frontalement à la position de Modeste Bahati Lukwebo sur cette question institutionnelle sensible.

Dans ce texte intitulé « La Tribune 012 – Réponse politique à Modeste Bahati Lukwebo », l’auteur accuse le vice-président du Sénat de tenir un discours ambigu face à la dynamique politique portée par l’Union sacrée de la Nation en faveur d’une éventuelle réforme constitutionnelle.

Un appel à la démission du présidium de l’Union sacrée

Selon Richard Ilunga Muipatayi, si Modeste Bahati Lukwebo ne partage pas la ligne stratégique de la majorité présidentielle sur la question constitutionnelle, il devrait, par cohérence politique, quitter ses responsabilités au sein de la plateforme.

La tribune estime qu’il serait contradictoire de continuer à bénéficier des avantages politiques et institutionnels liés à la majorité tout en contestant publiquement ses orientations majeures.

« On ne peut pas appartenir à une majorité, bénéficier de ses avantages politiques et institutionnels, tout en contestant sa ligne stratégique lorsqu’il s’agit d’un enjeu majeur », écrit l’auteur.

Le texte appelle ainsi Modeste Bahati Lukwebo à clarifier son positionnement politique et, le cas échéant, à rejoindre ouvertement l’opposition.

Des accusations politiques graves

Au-delà du débat constitutionnel, la tribune va plus loin en formulant des accusations politiques lourdes contre le leader politique.

L’auteur évoque notamment des soupçons selon lesquels Modeste Bahati Lukwebo aurait envisagé de quitter Kinshasa pour rejoindre une rébellion après la chute des villes de Goma et Bukavu, dans l’hypothèse d’un affaiblissement du pouvoir du président Félix Tshisekedi.

Ces affirmations ne sont cependant accompagnées d’aucun élément public de preuve dans la tribune, mais elles traduisent le niveau de tension politique autour de la question constitutionnelle et du positionnement de certains leaders politiques.

Le spectre de la rébellion AFC/M23

La tribune évoque également la situation sécuritaire dans l’Est du pays et les activités de la coalition rebelle AFC/M23 dirigée par Corneille Nangaa.

Selon l’auteur, les responsables de cette coalition armée, actuellement en difficulté, auraient annoncé leur intention de révéler les noms de leurs soutiens politiques présumés.

« Ceux qui ont pactisé dans l’ombre doivent savoir que la vérité finit toujours par éclater », prévient le texte.

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions politiques et militaires dans l’Est de la RDC, où les accusations de complicités politiques avec les groupes armés alimentent régulièrement les débats.

Un climat politique tendu autour de la réforme constitutionnelle

La sortie de Richard Ilunga Muipatayi intervient dans un climat politique particulièrement sensible, marqué par les discussions autour d’une possible modification de la Constitution et les rivalités internes au sein de la majorité.

Pour l’auteur de la tribune, la période actuelle exige « clarté, loyauté et courage politique », alors que le pays traverse, selon lui, une phase critique sur le plan sécuritaire et institutionnel.

De son côté, Modeste Bahati Lukwebo n’a pas encore officiellement réagi à cette tribune politique qui relance les tensions au sein de la majorité présidentielle.

Par Coco Kingson Cabamba

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