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RDC, Rwanda, Burundi, RCA : le rapport HRW 2026 alerte sur un effondrement des libertés

Les violations graves des droits humains atteignent un niveau critique en Afrique centrale, en particulier dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon le World Report 2026 de Human Rights Watch (HRW). Le rapport dresse un tableau sombre d’une région minée par les conflits armés, la répression politique et l’effritement des libertés fondamentales.

L’Est de la RDC : un conflit marqué par des atrocités massives

Dans son rapport annuel de 529 pages, publié dans sa 36ᵉ édition, Human Rights Watch souligne que les abus contre les civils sont devenus « rampants » dans le conflit opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés au groupe armé M23, soutenu par le Rwanda.

Selon l’organisation, le M23 s’est rendu coupable de nombreux crimes de guerre, notamment des exécutions sommaires, des violences sexuelles, des pillages et des déplacements forcés de populations. De leur côté, les FARDC, appuyées par les milices Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés locaux, sont également mises en cause pour des violations graves du droit international humanitaire.

« Les populations civiles paient le prix le plus lourd, prises en étau entre des groupes armés rivaux et des forces étatiques qui manquent de contrôle et de redevabilité », souligne HRW.

Une répression politique généralisée en Afrique centrale

Au-delà de la RDC, le rapport met en lumière une détérioration marquée des droits civils et politiques au Rwanda, au Burundi et en République centrafricaine (RCA).

Au Burundi et en RCA, les processus électoraux ont été entachés de graves irrégularités. Des candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter, tandis que des électeurs burundais ont fait état de pressions, intimidations et menaces lors des scrutins législatifs et locaux.

Dans l’ensemble de ces pays, les autorités ont intensifié la répression contre les médias, les journalistes indépendants, les activistes et les opposants politiques, restreignant sévèrement la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement.

Journalistes ciblés et justice instrumentalisée

En RDC, Human Rights Watch dénonce des attaques répétées contre les journalistes, aussi bien de la part des autorités que du M23. Le rapport évoque également la condamnation à mort par contumace de l’ancien président Joseph Kabila par une juridiction militaire, une décision qualifiée de politiquement motivée par l’organisation.

Au Rwanda, la situation de l’opposition reste préoccupante, avec la ré-arrestation de Victoire Ingabire, figure emblématique de l’opposition, dans le cadre d’un procès impliquant des membres de son parti.

Des avancées notables en matière de justice internationale

Malgré ce contexte alarmant, le rapport note des progrès significatifs de la justice internationale en 2025. La Cour pénale internationale (CPI) a condamné deux chefs de milices anti-balaka pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en République centrafricaine.

Par ailleurs, en France, l’ancien chef rebelle et ex-ministre congolais Roger Lumbala est jugé pour des crimes contre l’humanité commis en RDC, illustrant une volonté accrue de lutter contre l’impunité à l’échelle internationale.

Un appel pressant à la communauté internationale

Dans son introduction, le directeur exécutif de HRW, Philippe Bolopion, met en garde contre une vague autoritaire mondiale qui menace l’architecture internationale des droits humains. Il appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à former une alliance stratégique pour défendre les libertés fondamentales.

De son côté, Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à HRW, insiste :

« Les gouvernements d’Afrique centrale doivent être soumis à une pression régionale et internationale accrue afin de protéger les civils, garantir l’espace démocratique et respecter l’État de droit. »

Human Rights Watch exhorte les gouvernements de la RDC, du Rwanda, du Burundi et de la RCA à respecter leurs obligations internationales, y compris en période de conflit armé, et à poursuivre les auteurs de crimes graves. Sans une action concertée et ferme de la communauté internationale, prévient l’organisation, les civils continueront de payer le prix fort d’une crise humanitaire et politique persistante.

Par Coco Kingson Cabamba

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