
L’annonce de l’adhésion d’un des fils de l’ancien gouverneur du Kongo Central, Mbatshi Mbatshi, au mouvement rebelle AFC-M23, a suscité de vives réactions dans l’opinion publique et sur les réseaux sociaux. Un message viral, affirmant que l’intéressé serait un “notable” de la province, a particulièrement retenu l’attention.
Face à ces propos, le ministre honoraire des Droits humains, Albert Fabrice Puela, a tenu à recadrer le débat en rappelant la responsabilité individuelle et en dénonçant toute tentative de stigmatisation collective.
« Un individu n’engage pas toute une communauté »
Pour Puela, il serait « trop réducteur, pour ne pas dire abusif » de prétendre qu’un fils Mbatshi — adulte et pleinement responsable de ses actes — puisse, par ses choix personnels, engager son père, sa famille ou, pire encore, toute la communauté Kongo.
« Cet individu n’est parti qu’avec son ombre », a-t-il insisté.
L’ancien ministre rappelle qu’il est inacceptable de faire porter à un peuple entier la faute d’un seul individu. « Même les dirigeants du M23, dont nous condamnons fermement les crimes, les violations des droits humains et l’atteinte à l’intégrité territoriale de notre pays, n’engagent pas par leurs actes leurs provinces ou communautés respectives. À fortiori, ce jeune homme ne saurait engager le peuple Kongo », a-t-il ajouté.
Qu’est-ce qu’un “notable” ?
Puela a également profité de l’occasion pour clarifier la notion de “notable”, souvent galvaudée dans le débat public.
« Un notable, au sens noble du terme, n’est pas défini par son nom de famille ni par un héritage, mais par son intégrité, son engagement pour l’intérêt général et son exemplarité dans la défense du bien commun. La noblesse du titre ne s’hérite pas, elle se mérite », a-t-il souligné.
« Ne pas souiller l’honneur du Kongo »
L’homme politique appelle à ne pas laisser « les fautes d’un individu souiller l’honneur d’un peuple entier ». Pour lui, l’identité Kongo se reconnaît dans la dignité, la loyauté et la bonne gouvernance, « pas dans la trahison ».
« J’en suis très triste », a conclu Puela, exprimant sa désolation face à ce qu’il considère comme une manipulation dangereuse de l’opinion publique.



