Accueil / Politique / RN1 en danger : les ouvriers dénoncent cinq ans de travail sans contrat et interpellent l’État

RN1 en danger : les ouvriers dénoncent cinq ans de travail sans contrat et interpellent l’État

La Route Nationale numéro 1 (RN1), artère stratégique reliant plusieurs provinces de la République démocratique du Congo, est aujourd’hui au cœur d’une vive tension sociale. Les ouvriers affectés aux travaux d’entretien et de réhabilitation de cet axe routier majeur tirent la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils qualifient d’« injuste et alarmante ».

Cinq ans de travail sans contrat formel

Selon les témoignages recueillis sur le terrain, ces travailleurs affirment avoir presté pendant près de cinq années consécutives sans contrats de travail formels, ni garanties sociales claires. Malgré leur engagement continu pour maintenir la praticabilité de la RN1, ils dénoncent une précarité persistante, marquée par l’absence de documents légaux, d’assurances et de droits sociaux élémentaires.

« Nous avons travaillé sous la pluie, le soleil, parfois dans des conditions extrêmes, sans contrat, mais avec l’espoir que notre situation serait régularisée », confie un ouvrier sous couvert d’anonymat.

Le retrait des fonds de l’État, goutte de trop

La tension est montée d’un cran après l’annonce du retrait des fonds publics destinés aux contrats liés aux travaux de la RN1. Une décision que les ouvriers considèrent comme un coup dur, mettant non seulement leurs moyens de subsistance en péril, mais aussi l’avenir même de cette infrastructure vitale.

Pour eux, ce retrait financier risque d’entraîner l’arrêt brutal des travaux, l’abandon de certains tronçons et une dégradation accélérée de la route, avec des conséquences économiques et sécuritaires majeures.

Un risque réel pour une route stratégique

La RN1 joue un rôle central dans le transport des personnes et des marchandises à travers le pays. Sa dégradation pourrait affecter les échanges commerciaux, la mobilité des populations et l’approvisionnement de plusieurs centres urbains.

Des experts en infrastructures estiment que l’interruption des travaux d’entretien, même temporaire, pourrait provoquer des dégâts structurels coûteux à réparer à moyen terme.

Un appel pressant aux autorités compétentes

Face à cette situation, les ouvriers lancent un appel solennel aux autorités nationales et provinciales, notamment au ministère des Infrastructures et Travaux publics, afin de :

  • Revoir la décision de retrait des fonds ;
  • Régulariser la situation administrative et contractuelle des ouvriers ;
  • Garantir le respect des droits sociaux et professionnels ;
  • Assurer la continuité des travaux sur la RN1.

« Nous ne demandons pas l’impossible. Nous voulons simplement être reconnus, protégés et payés conformément à notre travail », martèlent-ils.

Entre revendications sociales et enjeu national

Cette crise met en lumière un double enjeu : la protection des droits des travailleurs et la préservation des infrastructures stratégiques du pays. Une réponse rapide et responsable des autorités apparaît indispensable pour éviter une escalade sociale et un impact négatif durable sur l’économie nationale.

En attendant, la RN1 reste sous tension, suspendue entre revendications légitimes et décisions administratives controversées.

La rédaction

Laisser un commentaire