
Les propos tenus par Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), lors de la 6e Conférence mondiale des présidents de parlement à Genève, continuent de susciter des remous dans la région. Ce 1er août, le Parlement rwandais est monté au créneau pour dénoncer avec fermeté ce qu’il qualifie de déclarations « infondées » et « incendiaires ».

Dans un communiqué officiel, l’institution parlementaire rwandaise a exprimé sa vive préoccupation face à ce qu’elle considère comme une remise en cause dangereuse des avancées diplomatiques récentes. Pour Kigali, le discours de Vital Kamerhe va à l’encontre de l’esprit de coopération affiché lors de la dernière Assemblée parlementaire de la Francophonie tenue à Paris. Le Rwanda souligne que cet élan avait pourtant permis de raviver une lueur d’espoir quant à une décrispation entre les deux nations.
Plus encore, les autorités parlementaires rwandaises estiment que les propos de Kamerhe jettent une ombre sur l’accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington, sous l’égide de partenaires internationaux. Ce texte, fruit de longues négociations, visait à poser les bases d’un processus de normalisation durable entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes dans l’Est de la RDC.
Le Parlement rwandais s’interroge désormais sur la sincérité de l’engagement du Parlement congolais à respecter les clauses de l’accord, avertissant que de tels revirements politiques risquent de compromettre les efforts en cours pour restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Jusqu’à présent, aucune réponse officielle n’a été formulée par les autorités congolaises face à cette mise en garde. Mais selon des observateurs, ces tensions illustrent la fragilité des relations entre les deux pays, malgré les engagements diplomatiques récents.
Le discours de Genève aura-t-il un impact durable sur la dynamique de paix ? Les regards sont désormais tournés vers les capitales de la sous-région et les chancelleries internationales, qui appellent à la retenue et à la poursuite du dialogue.



