
Le ministre du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a lancé un message fort sur la situation sécuritaire de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration relayée ce lundi, le membre du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une réforme profonde du système de défense nationale, estimant que la faiblesse de l’armée et de la police reste la principale faille exploitée par les pays voisins.
« On peut signer des accords, des alliances, des protocoles, mais tant que nous n’aurons pas organisé notre système de défense — armées et police —, nous serons toujours agressés par les pays qui nous entourent, parce qu’ils savent qu’il existe une faiblesse sur laquelle ils s’appuient, et ils s’appuieront toujours sur cette faiblesse », a déclaré Julien Paluku.
Le ministre du Commerce extérieur a rappelé que les immenses richesses naturelles de la RDC constituent depuis des décennies une source de convoitise pour plusieurs pays et acteurs régionaux.
« C’est tout le monde qui lorgne sur nos richesses, et si nous n’avons pas la capacité de nous protéger, nous allons nous plaindre pendant 100 ans, et nous ne retrouverons pas la paix », a-t-il ajouté, appelant à un réveil collectif autour de la défense nationale.
Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, où les groupes armés continuent de sévir malgré la présence des forces nationales et régionales.
Julien Paluku plaide pour une refonte complète du système de défense et de sécurité, axée sur la professionnalisation, la formation et la modernisation des forces armées. Selon lui, la souveraineté du pays dépend avant tout de la capacité de la RDC à assurer sa propre sécurité sans dépendre des forces étrangères.
« La paix ne se décrète pas. Elle se construit sur la force, la discipline et la préparation », a-t-il martelé.
Originaire d’une province meurtrie par plus de deux décennies de conflits armés, Julien Paluku parle avec l’expérience du terrain. En tant qu’ancien gouverneur du Nord-Kivu, il a été confronté aux réalités complexes de la guerre, de la diplomatie régionale et des défis logistiques de la défense nationale.
Sa déclaration sonne comme un avertissement lucide et patriotique, invitant les dirigeants à placer la sécurité nationale au cœur des priorités de l’État. Pour beaucoup d’analystes, ce message traduit une vérité dérangeante : sans une armée forte et organisée, la RDC ne pourra jamais garantir sa stabilité ni défendre ses richesses.


