
Une nouvelle séquence politique s’ouvre au Sénat congolais après la controverse provoquée par les propos du sénateur Modeste Bahati Lukwebo sur la question sensible de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo. Face à l’ampleur prise par la polémique, l’ancien président de la chambre haute a présenté des excuses officielles à ses collègues sénateurs afin d’apaiser les tensions.
Une déclaration qui avait suscité un vif débat politique
La controverse trouve son origine dans une conférence de presse organisée le 4 mars 2026 par le leader de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A). Au cours de cette rencontre avec les médias, certaines déclarations attribuées à Modeste Bahati Lukwebo sur une éventuelle révision de la Constitution avaient rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique.
Plusieurs observateurs et acteurs politiques avaient interprété ses propos comme une prise de position contre toute modification de la loi fondamentale, dans un contexte où la question constitutionnelle demeure particulièrement sensible dans le débat politique congolais.
Ces déclarations avaient notamment provoqué un malaise au sein du Sénat ainsi que dans certaines composantes de la majorité présidentielle réunies autour de l’Union sacrée de la Nation.
Bahati Lukwebo évoque des propos sortis de leur contexte
Dans un message adressé aux sénateurs, Modeste Bahati Lukwebo a tenu à clarifier sa position. Selon lui, ses propos auraient été sortis de leur contexte et mal interprétés.
Il explique que la conférence de presse du 4 mars portait principalement sur trois sujets majeurs :
- une cabale présumée autour de l’acquisition de la succursale de la société brassicole Bralima à Bukavu ;
- son soutien aux initiatives diplomatiques visant à restaurer la paix dans l’est de la RDC, notamment l’accord de Washington ;
- les risques de balkanisation du pays dans le contexte sécuritaire actuel.
D’après le sénateur, la question relative à la révision de la Constitution aurait été introduite par un journaliste en marge du thème principal de la conférence de presse.
« Le problème n’est pas la Constitution mais les hommes »
Dans sa mise au point, Bahati Lukwebo insiste sur le fait qu’il ne s’est jamais opposé à une éventuelle révision constitutionnelle. Il affirme plutôt avoir rappelé que la difficulté principale en République démocratique du Congo réside souvent dans l’application des lois.
Selon lui, la problématique fondamentale ne serait donc pas liée aux textes juridiques eux-mêmes, mais plutôt à leur mise en œuvre par les acteurs politiques et institutionnels.
Cette précision vise à dissiper toute interprétation selon laquelle il aurait pris position contre un débat institutionnel sur l’évolution de la Constitution.
Des excuses pour apaiser la tension
Face à l’ampleur de la polémique dans les médias et sur les réseaux sociaux, le sénateur a reconnu qu’une incompréhension s’était installée autour de ses propos. Il a ainsi présenté ses excuses à ses collègues du Sénat, tout en exprimant le souhait de tourner rapidement la page de cette controverse.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où plusieurs sénateurs membres du groupe politique AFDC-A avaient déjà exprimé publiquement leur malaise après la diffusion de ses déclarations.
Réaffirmation de sa loyauté à Félix Tshisekedi
Profitant de cette mise au point, Modeste Bahati Lukwebo a également tenu à réaffirmer sa loyauté envers le chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il a rappelé son engagement au sein de la plateforme politique de la majorité présidentielle, l’Union sacrée de la Nation.
Le sénateur insiste sur sa volonté de poursuivre son action politique dans le cadre de cette coalition, tout en soutenant les efforts du président de la République pour la stabilité institutionnelle et la consolidation de l’unité nationale.
Une polémique révélatrice des tensions autour de la Constitution
Cet épisode illustre une nouvelle fois la sensibilité du débat autour de la Constitution en République démocratique du Congo. Toute déclaration liée à une éventuelle révision du texte fondamental continue de susciter des réactions rapides au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
Alors que le pays fait face à d’importants défis sécuritaires et politiques, plusieurs analystes estiment que la question constitutionnelle demeure l’un des sujets les plus délicats de la scène politique congolaise.



