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Sommet de l’Union africaine : diplomatie parallèle autour de la RDC à Addis-Abeba ?

Alors que les chefs d’État et de gouvernement du continent sont réunis à Addis-Abeba dans le cadre du Sommet de l’Union africaine, une initiative politique menée en marge des travaux officiels suscite interrogations et controverses à Kinshasa.

Selon plusieurs sources concordantes, l’ancien président congolais Joseph Kabila aurait mandaté une délégation issue du mouvement dénommé « Sauvons la RDC » pour mener des consultations diplomatiques parallèles en marge du sommet continental. Une démarche officiellement présentée comme une mission d’information sur la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.

Une délégation composée d’anciens hauts responsables

La mission serait conduite par Raymond Tshibanda, ancien ministre des Affaires étrangères sous le régime Kabila. Elle comprendrait également :

  • Néhémie Mwilanya, ancien directeur de cabinet du chef de l’État ;
  • Barnabé Kikaya Bin Karubi, ex-conseiller diplomatique ;
  • Moïse Nyarugabo, ancien sénateur ;
  • Albert Mukulubundu, cadre du mouvement ;
  • Seth Kikuni, acteur politique congolais.

D’après les informations recueillies, cette délégation chercherait à rencontrer plusieurs chefs d’État africains afin d’évoquer la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, les tensions institutionnelles internes ainsi que les perspectives politiques nationales.

Entre diplomatie parallèle et soupçons d’agenda politique

Si les initiateurs de la démarche évoquent un devoir patriotique d’alerte et de sensibilisation, certains observateurs politiques y voient une opération diplomatique parallèle susceptible de fragiliser la posture officielle de Kinshasa sur la scène internationale.

Le contexte régional reste particulièrement sensible. Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir les rebelles du M23, des allégations rejetées par Kigali. Dans ce climat marqué par les tensions avec le président rwandais Paul Kagame et la persistance de l’activisme du M23 dans l’Est, toute initiative non coordonnée avec le gouvernement central est scrutée avec suspicion.

Des critiques estiment que cette mission pourrait être perçue comme une tentative d’exercer une pression diplomatique indirecte sur le président Félix Tshisekedi, à un moment où Kinshasa multiplie les démarches internationales pour dénoncer les ingérences étrangères et consolider le soutien africain.

Une bataille d’influence en toile de fond

Au-delà des déclarations officielles, la question centrale demeure : cette mission relève-t-elle d’une initiative citoyenne visant à informer les partenaires africains, ou s’inscrit-elle dans une stratégie politique plus large de repositionnement de l’ancien régime sur l’échiquier national et régional ?

Dans un pays confronté à des défis sécuritaires majeurs et à un débat politique polarisé, la multiplication d’initiatives diplomatiques concurrentes pourrait accentuer les fractures internes.

Alors que le peuple congolais reste mobilisé autour de la défense de l’intégrité territoriale et de la stabilité institutionnelle, cette démarche ouvre un nouveau front : celui de la diplomatie parallèle et de la lutte d’influence sur la scène africaine.

L’évolution des consultations à Addis-Abeba permettra de mesurer la portée réelle de cette initiative et ses éventuelles répercussions sur le paysage politique congolais.

Par Coco Kingson Cabamba

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