Accueil / Politique /  Soupçonné de gestion frauduleuse et d’insubordination, le DG de l’OCC, Étienne Tshimanga, suspendu par Julien Paluku

 Soupçonné de gestion frauduleuse et d’insubordination, le DG de l’OCC, Étienne Tshimanga, suspendu par Julien Paluku

– C’est un véritable coup de tonnerre dans le paysage des établissements publics de la République Démocratique du Congo. Le Directeur Général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Étienne Tshimanga Mutombo, a été suspendu à titre conservatoire de ses fonctions ce lundi par le ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya. La décision, prise pour “faute lourde de gestion”, a été matérialisée par un arrêté ministériel signé en urgence dans la journée.

Selon le communiqué de la cellule de communication du ministère, les griefs reprochés au haut cadre sont multiples et d’une gravité exceptionnelle, mettant en péril les finances et la crédibilité de cet organisme à caractère scientifique et technique.

Un système informatique parallèle et des millions de dollars de pertes

Au cœur des accusations, on trouve la mise en place d’un système informatique parallèle dédié au contrôle des importations et des exportations. Ce réseau “bis” aurait eu pour but de contourner les procédures officielles de l’OCC afin de faciliter l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV).

Ces documents, pourtant essentiels pour certifier la conformité et la qualité des marchandises échangées sur le territoire national et international, auraient ainsi été délivrés en dehors de tout cadre légal. Le ministère évalue le manque à gagner pour le Trésre public et pour l’office à plusieurs milliers de dollars américains, une estimation qui pourrait grimper à l’issue des audits approfondis.

Outre ce scandale financier, Étienne Tshimanga est également accusé d’une “gestion chaotique des ressources humaines et financières”, ainsi que d’insubordination caractérisée vis-à-vis de sa tutelle.

Une action disciplinaire infructueuse

Il y a quelques semaines, l’autorité de tutelle avait ouvert une action disciplinaire à l’encontre du Directeur Général pour faire la lumière sur ces graves allégations. Invité à fournir des explications, Étienne Tshimanga Mutombo avait présenté ses observations. Toutefois, ses réponses n’ont visiblement pas convaincu Julien Paluku, qui a donc choisi la manière forte pour “sauver du naufrage” l’institution.

Christelle Mwabulu prend l’intérim

Pour assurer la continuité des services de l’OCC, la ministre a pris ses responsabilités dans l’immédiat. Conformément aux dispositions statutaires, l’intérim de la Direction Générale sera assuré par la Directrice Générale Adjointe, Christelle Mwabulu, dès la publication de l’arrêté.

Des mesures radicales et une commission de redressement

La note du ministère précise que cette suspension n’est qu’un début. Elle “donne lieu à des mesures administratives et extra-administratives” non seulement à l’encontre du DG suspendu, mais également contre tous les agents et cadres de l’OCC qui seraient impliqués ou complices dans la commission de ces faits.

Par ailleurs, afin de remettre l’institution sur les rails, le ministre a décidé d’instituer une commission de redressement de l’Office Congolais de Contrôle. La composition exacte de cette task force ainsi que ses missions spécifiques seront détaillées dans un prochain arrêté ministériel.

En attendant, les regards se tournent désormais vers la direction intérimaire et la capacité de l’État à assainir un secteur clé pour l’économie nationale, trop souvent exposé aux dérives.

Par Coco Kingson Cabamba

Laisser un commentaire