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Steve Mbikayi sonne l’alarme : “Kagame s’assume, Nanga se dévoile, l’Église se tait”

Dans sa Tribune Libre 146 intitulée « Kagame s’assume, Nanga se dévoile », l’acteur politique et président du Parti Travailliste, Steve Mbikayi, interpelle une nouvelle fois la classe politique congolaise, les leaders religieux et l’opinion nationale sur ce qu’il qualifie de “danger majeur” pesant sur l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Un avertissement sur la “politisation” croissante des institutions religieuses

Revenant sur sa tribune précédente, Steve Mbikayi dénonce ce qu’il considère comme une implication croissante de certains responsables religieux dans la sphère politique. Selon lui, certaines prises de position de la CENCO et de l’Église protestante tendraient à imposer les confessions religieuses comme acteurs politiques à part entière.

Dans sa tribune, il affirme que des prélats souhaiteraient désormais se placer au centre d’un éventuel nouveau dialogue politique, alors même que cette médiation n’a pas été sollicitée par les acteurs politiques, contrairement aux précédents dialogues majeurs (CNS, CENCO 2016).

Pour Mbikayi, cette initiative spontanée pose problème : « En 2025, les princes de l’Église ne répondent plus à une demande. Ils prennent l’initiative d’organiser un dialogue. »

Il estime que la confiance du camp présidentiel envers la hiérarchie de la CENCO s’est fortement érodée, en raison notamment de ce qu’il qualifie de “partialité visible”.


Silence face à l’agression rwandaise : un reproche central

Au cœur de sa tribune, Steve Mbikayi reproche aux dirigeants de la CENCO et de l’Église protestante leur silence persistant face à l’agression rwandaise en cours dans l’Est du pays.
Il rappelle que :

  • Paul Kagame a récemment reconnu occuper des villes congolaises comme Goma et Bukavu,
  • tout en affirmant ne les restituer qu’en échange de concessions politiques.

Mbikayi s’interroge ouvertement sur les véritables objectifs du président rwandais :
annexion de Rutshuru ? expansion territoriale ?

Dans le même souffle, il cite la sortie médiatique de Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et désormais à la tête de la coalition armée AFC/M23, qui a évoqué un projet de “fédéralisme” que Mbikayi qualifie de “stratégie d’annexion déguisée”.

Il salue à ce sujet la réaction “quasi unanime” de la classe politique congolaise, particulièrement de l’opposition républicaine, qui a rejeté ce projet.


Un mutisme jugé inquiétant de la part des Églises

Steve Mbikayi déplore que, contrairement aux politiciens, les responsables religieux n’aient publiquement réagi ni aux propos de Kagame, ni à ceux de Nangaa.

« Pas un mot sur les balivernes de Paul Kagame, pas un mot sur l’égarement de Corneille Nangaa », écrit-il.

Pour lui, ce silence fragilise davantage leur crédibilité comme médiateurs neutres dans un éventuel processus de paix.


La priorité nationale : restaurer l’intégrité territoriale

Au-delà des critiques, Mbikayi recentre le débat sur ce qu’il considère comme l’enjeu numéro un du moment : la récupération des territoires congolais occupés.

Il affirme que cette priorité doit surpasser :

  • les querelles politiques,
  • les préparatifs électoraux,
  • ainsi que les revendications partisanes.

Selon lui, aucune élection crédible ne peut être organisée dans un pays amputé d’une partie de son territoire.
Et soutenir une rébellion — comme celle de l’AFC/M23 — reviendrait indirectement à repousser les élections et à favoriser une partition de facto du pays.


Appel à l’unité nationale derrière les institutions légales

Steve Mbikayi appelle enfin la majorité et l’opposition républicaine à fédérer leurs forces derrière le chef de l’État, garant de l’intégrité territoriale, afin de repousser l’agresseur rwandais.

Il estime que dans le contexte actuel, l’unité nationale n’est pas un choix politique, mais une nécessité historique.


Conclusion : Une prise de position qui relance le débat

La tribune 146 de Steve Mbikayi s’inscrit dans une série d’alertes politiques visant à dénoncer :

  • les ambitions supposées de Kigali,
  • les connivences qu’il attribue à certains acteurs locaux,
  • et le silence jugé “sélectif” d’une partie de la hiérarchie religieuse.

Si certains saluent la clarté de son positionnement patriotique, d’autres y verront une lecture polémique du rôle des Églises et de la dynamique politique nationale.

Dans tous les cas, sa tribune relance un débat crucial :
la RDC peut-elle se permettre des divisions internes alors que son territoire est menacé ?

Par Coco Kingson Cabamba

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