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Sud-Kivu : Dénonciation du pillage de goudron à Mudaka par les rebelles de l’AFC/M23/RDF

Des sources concordantes dénoncent avec la plus grande fermeté un acte de pillage perpétré ce dimanche matin à Mudaka, dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu. Les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), du Mouvement du 23 mars (M23) et des éléments présentés comme liés aux Forces rwandaises de défense (RDF) sont accusés d’avoir emporté d’importantes quantités de goudron stockées dans la concession des partenaires chinois, destinées à des projets routiers structurants dans la province.

Selon les informations recueillies sur place, les matériaux bitumineux étaient destinés à la construction de la route Chivanga–Bunyakiri ainsi qu’au tronçon Amsar–UCB Kalambo, deux axes stratégiques pour le désenclavement et la relance socio-économique de cette partie du Sud-Kivu. Le pillage de ces intrants compromet sérieusement l’avancement des travaux et risque d’entraîner des retards significatifs dans la mise en œuvre de ces infrastructures.

Des jeunes contraints de participer au pillage

Toujours d’après les mêmes sources, des jeunes de la localité auraient été contraints par les rebelles à charger les matériaux pillés. Cette instrumentalisation de la jeunesse locale suscite une vive indignation au sein de la population, qui dénonce une transformation brutale d’un projet de développement en outil de prédation et d’intimidation.

« Ce qui devait symboliser la reconstruction devient un symbole de spoliation », confie un notable de Kabare sous couvert d’anonymat. Pour plusieurs acteurs locaux, ces actes traduisent une volonté manifeste d’entraver les efforts de modernisation des infrastructures dans la province.

Un an après leur présence, un développement toujours bloqué

Près d’une année après leur arrivée dans certaines zones du Sud-Kivu, les groupes armés affiliés à l’AFC/M23 sont accusés de continuer à bloquer les dynamiques de développement et de maintenir un climat d’insécurité permanent. La population de Kabare déplore un climat de peur et une dégradation continue des conditions de vie, aggravées par la paralysie de projets publics et privés.

Les critiques se multiplient contre ceux qui se présentent comme des « libérateurs », mais que plusieurs voix locales qualifient désormais de forces de déstabilisation. Pour les organisations communautaires, ces actes de pillage constituent une atteinte grave aux biens publics et aux investissements destinés à améliorer la mobilité et l’économie locale.

Appel aux autorités et à la communauté internationale

Face à cette situation, un appel pressant est lancé aux autorités nationales de la République démocratique du Congo, à la société civile et à la communauté internationale. Les signataires exigent des mesures urgentes pour protéger les biens publics, garantir la sécurité des populations civiles et mettre fin aux actions des groupes armés opérant dans la région.

La sécurisation des chantiers d’infrastructures et la protection des investissements apparaissent aujourd’hui comme des priorités pour éviter que les espoirs de reconstruction du Sud-Kivu ne soient davantage compromis.

Les autorités provinciales n’ont pas encore réagi officiellement à ces accusations au moment de la publication de cet article.

Par Coco Kingson Cabamba

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