
L’hôpital général de référence de Kasheke, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), a de nouveau été le théâtre d’une attaque ciblée contre le personnel médical, ce mercredi. Selon l’organisation EPDH-DRC ONG, trois membres du corps soignant ont été violemment agressés par des combattants du M23/RDF, accusant l’établissement d’avoir soigné des combattants Wazalendo et leurs familles.
Les victimes de cette attaque sont :
- Dr Bahati Kaharamba, médecin directeur de l’hôpital, grièvement blessé et évacué d’urgence vers Bukavu pour des soins intensifs ;
- Bwinja Mule, aide-accoucheuse, blessée ;
- Salomon Ruhoma, membre du personnel hospitalier, également blessé.
Des témoins sur place rapportent que les assaillants seraient arrivés de Kabamba-centre, avant de se retirer rapidement après leur forfait. « Ils ont reproché aux médecins d’avoir traité des Wazalendo. Le docteur a été roué de coups, c’était d’une brutalité inouïe », témoigne un infirmier ayant requis l’anonymat.
L’EPDH-DRC dénonce une violation grave du droit humanitaire international, rappelant que les structures médicales et leur personnel sont protégés par les conventions de Genève. « S’attaquer à des soignants, c’est franchir une ligne rouge. Le M23/RDF démontre encore une fois son mépris pour la vie humaine et pour les règles de la guerre », a déclaré un responsable de l’ONG.
Ce drame survient dans un contexte de violences persistantes dans les zones sous influence rebelle. L’hôpital de Kasheke avait déjà été pillé en février 2025, aggravant la pénurie de médicaments et de matériel médical.
Dans plusieurs localités du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, les rebelles du M23/RDF, associés à la coalition AFC, sont régulièrement accusés de violences contre les civils, enlèvements et exécutions sommaires. Mardi dernier, un jeune chauffeur est mort à Goma, après avoir été torturé par des combattants du même groupe, selon plusieurs sources locales.
La population de Kasheke, déjà traumatisée, redoute de nouvelles attaques. Les organisations de la société civile appellent le gouvernement congolais et les forces de la MONUSCO à renforcer la protection des civils et du personnel médical dans les zones de conflit.
« Soigner ne devrait jamais être un crime. Les médecins de guerre risquent leur vie chaque jour pour sauver celles des autres », conclut un militant humanitaire


