
Un incident sécuritaire majeur s’est produit tôt dans la matinée de ce mercredi dans la ville de Goma, lorsqu’un drone militaire a frappé un immeuble résidentiel situé dans le quartier de Himbi, l’un des secteurs les plus urbanisés du centre-ville. L’attaque a provoqué la mort d’un ressortissant français travaillant pour UNICEF, selon des informations communiquées par les autorités de l’Alliance Fleuve Congo et du mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo / M23.
Une frappe dans une zone résidentielle
D’après les premières informations recueillies sur place, l’engin explosif aurait atteint un bâtiment d’habitation dans le quartier Himbi, causant d’importants dégâts matériels. Plusieurs appartements ont été touchés par l’explosion, tandis que les vitres de bâtiments voisins ont été soufflées sous l’effet de la déflagration.
La victime identifiée est un expatrié français employé par UNICEF, présent dans la ville dans le cadre des programmes humanitaires destinés aux populations déplacées par le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Aucune autre victime n’a pour l’instant été officiellement confirmée, mais des sources locales évoquent des blessés parmi les habitants de l’immeuble.
Une ville sous contrôle du M23
Depuis plusieurs semaines, la ville de Goma demeure sous le contrôle militaire du M23 et de ses structures politico-militaires affiliées à l’Alliance Fleuve Congo. Malgré cette domination territoriale, l’origine exacte du drone ayant mené la frappe n’a pas encore été clairement établie.
Les autorités de l’AFC/M23 affirment poursuivre les investigations afin de déterminer l’auteur de cette attaque. Dans le contexte actuel du conflit dans l’Est de la RDC, l’usage de drones armés ou de drones kamikazes est devenu une tactique de plus en plus fréquente employée par les différentes forces impliquées dans les hostilités.
Intensification de l’usage des drones dans le conflit
La veille de cet incident, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo avaient annoncé avoir neutralisé deux drones kamikazes dans la localité de Mikenge, située dans la zone de Minembwe, dans les hauts plateaux de Fizi au Sud-Kivu.
Selon l’armée congolaise, ces appareils auraient été utilisés par des groupes armés alliés au M23, notamment les mouvements Twirwaneho et Red Tabara. Les forces gouvernementales affirment que ces drones ont été interceptés avant de pouvoir atteindre leurs cibles.
Des dirigeants de l’AFC/M23 potentiellement visés
Par ailleurs, certaines sources sécuritaires évoquent l’hypothèse selon laquelle la frappe de ce mercredi à Himbi aurait pu viser des responsables de l’Alliance Fleuve Congo ou du M23. Parmi les personnalités citées figurent notamment Corneille Nangaa, ainsi que les dirigeants du mouvement rebelle Sultani Makenga et Bertrand Bisimwa.
Aucune confirmation officielle n’a toutefois été apportée concernant la présence de ces responsables dans la zone ciblée au moment de l’attaque.
Une situation sécuritaire toujours volatile
Cet incident illustre une nouvelle fois la fragilité de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, où les combats opposant les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et les combattants du M23 continuent d’alimenter une crise humanitaire majeure.
La multiplication des frappes de drones et l’implication de plusieurs groupes armés dans la région accentuent les risques pour les populations civiles et les travailleurs humanitaires opérant dans les zones de conflit.
Les circonstances exactes de l’attaque de ce mercredi à Goma restent à éclaircir, tandis que les autorités locales et les acteurs humanitaires appellent à l’ouverture d’enquêtes afin d’établir les responsabilités.
L’évolution de cette affaire est suivie de près, alors que les tensions militaires demeurent particulièrement élevées dans l’est du pays.


