
Le drame prend des proportions alarmantes sur le fleuve Congo. Entre le 5 janvier et le 20 février 2026, plus de 5 000 passagers seraient morts ou portés disparus dans plusieurs naufrages enregistrés en direction de la province de l’Équateur, selon les chiffres avancés par des organisations de la société civile locale.
D’après ces sources, au moins vingt embarcations ont chaviré durant cette période, plongeant des milliers de familles dans le deuil et ravivant le débat sur la sécurité de la navigation fluviale en République démocratique du Congo.
⚠️ Des embarcations de fortune et des conditions de navigation à haut risque
Les accidents impliquent divers types d’embarcations :
- des baleinières,
- des pirogues motorisées,
- des pirogues simples,
- ainsi que des radeaux artisanaux.
Ces moyens de transport, souvent vétustes et inadaptés aux longues traversées, constituent l’unique alternative pour de nombreuses populations enclavées. Dans plusieurs cas rapportés, les bateaux transportaient bien au-delà de leur capacité autorisée, augmentant considérablement les risques de chavirement.
La société civile dénonce notamment :
- l’absence quasi systématique de gilets de sauvetage,
- la surcharge des embarcations,
- la navigation nocturne non réglementée,
- et le transport simultané de passagers et de produits dangereux, notamment du carburant.
🎯 Des responsabilités pointées du doigt
Les organisations citoyennes accusent directement le Commissaire fluvial territorialement compétent, estimant que les services de contrôle et de régulation ont failli à leur mission.
Selon elles, les autorisations de départ seraient accordées sans inspection rigoureuse, et les dispositifs de sécurité ne feraient l’objet d’aucune vérification systématique.
« Il y a un laxisme administratif criant. Les embarcations quittent les ports sans contrôle sérieux, parfois en pleine nuit », déplore un acteur de la société civile contacté par notre rédaction.
📉 Une crise humanitaire silencieuse
Le fleuve Congo demeure l’artère principale de transport pour des millions de Congolais, notamment dans les provinces de l’ouest et du nord du pays. Faute d’infrastructures routières adéquates, les populations dépendent quasi exclusivement du transport fluvial pour le commerce, les déplacements familiaux et l’approvisionnement en biens essentiels.
Cependant, ces tragédies répétitives traduisent une crise structurelle :
- absence de politique efficace de sécurité fluviale,
- manque d’investissements dans la modernisation des embarcations,
- déficit de formation des conducteurs,
- et faiblesse des mécanismes de secours en cas d’accident.
🏛️ Vers une enquête officielle ?
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore été rendue publique par les autorités nationales concernant le bilan cumulé avancé par la société civile.
Face à l’ampleur des chiffres évoqués — plus de 5 000 morts et disparus en moins de deux mois — des voix s’élèvent pour réclamer :
- l’ouverture d’une enquête indépendante,
- la suspension des responsables administratifs concernés,
- et la mise en place urgente d’un plan national de sécurisation de la navigation fluviale.
📌 Un drame qui interpelle l’État
Cette série noire remet en lumière la précarité du transport fluvial en RDC et pose la question de la responsabilité institutionnelle.
Si les chiffres avancés se confirment, il s’agirait de l’une des périodes les plus meurtrières de l’histoire récente de la navigation sur le fleuve Congo.
En attendant des réponses officielles, des milliers de familles restent sans nouvelles de leurs proches, engloutis par les eaux du deuxième plus long fleuve d’Afrique.


