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Union africaine divisée : Macky Sall refuse de se retirer de la course à l’ONU

Malgré une opposition significative au sein de l’Union africaine, l’ancien président sénégalais Macky Sall reste déterminé à briguer le poste de secrétaire général des Organisation des Nations unies, en vue de succéder à Antonio Guterres à partir de 2027.


Une candidature maintenue envers et contre tout

L’ancien chef de l’État sénégalais (2012–2024) a décidé de maintenir sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU, en dépit du refus d’une partie importante des États membres de l’Union africaine de lui accorder leur soutien officiel.

Selon son service de communication, cette décision traduit une volonté de poursuivre sa démarche sur la scène internationale, indépendamment des divergences politiques observées au sein du continent.


Une procédure fragilisée par de nombreuses objections

La candidature de Macky Sall avait été soumise aux États membres de l’Union africaine via une procédure dite « d’approbation tacite ». Ce mécanisme suppose que le projet soit validé en l’absence d’opposition significative, notamment si moins d’un tiers des 55 États membres expriment des réserves.

Cependant, la procédure a été fortement perturbée par des objections initialement formulées par une vingtaine de pays. Bien que certains ajustements aient été enregistrés — notamment le retrait de l’Égypte et du Liberia de la liste des opposants — le nombre d’États réticents reste élevé.

Au total, 13 pays maintiennent leur opposition, tandis que 5 autres ont demandé une extension du délai d’examen, portant à 18 le nombre de pays ne soutenant pas activement la candidature.


Un soutien initial porté par le Burundi

La proposition de candidature de Macky Sall avait été introduite par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Toutefois, l’absence de consensus autour de son profil affaiblit considérablement ses chances d’obtenir une position unifiée du continent africain, généralement stratégique dans ce type d’échéance internationale.


Contexte politique tendu au Sénégal

Cette candidature intervient dans un climat politique interne particulièrement sensible au Sénégal. Les nouvelles autorités issues des élections de 2024, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, ont formulé de lourdes accusations contre l’ancien régime.

Ils reprochent à Macky Sall une gestion controversée marquée par la répression violente des manifestations politiques entre 2021 et 2024, ayant causé plusieurs dizaines de morts, ainsi que des irrégularités présumées dans la gestion des finances publiques, notamment la dissimulation de données liées à la dette.


Une course ouverte pour 2027

De son côté, l’ONU a officiellement lancé en novembre dernier l’appel à candidatures pour la succession d’Antonio Guterres. Le futur secrétaire général entamera son mandat le 1er janvier 2027.

Conformément aux règles en vigueur, chaque candidature doit être présentée par un ou plusieurs États membres, sans obligation qu’il s’agisse du pays d’origine du candidat — une disposition qui permet à Macky Sall de poursuivre sa démarche malgré l’absence de soutien officiel du Sénégal.


Une bataille diplomatique incertaine

Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall s’inscrit dans une compétition diplomatique complexe, où les équilibres géopolitiques et les soutiens régionaux jouent un rôle déterminant.

L’absence d’un consensus africain pourrait constituer un handicap majeur dans une course où l’unité continentale est souvent un facteur clé d’influence au sein des instances internationales.

Reste à savoir si l’ancien président sénégalais parviendra à rallier suffisamment de soutiens au-delà de l’Afrique pour espérer s’imposer à la tête de l’ONU.

Par Coco Kingson Cabamba

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