
Dans un contexte de rapprochement fragile mais stratégique, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda se disent prêts à franchir une nouvelle étape dans leur coopération économique. Les deux pays se sont engagés à travailler de concert avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux pour réduire les risques liés aux investissements privés dans le secteur minier, ont rapporté nos confrères de Reuters Africa.
Selon des sources proches du dossier, Kigali et Kinshasa prévoient de se réunir au début du mois d’octobre afin de finaliser les contours d’un projet-cadre économique. Ce document de 17 pages, actuellement en circulation, devrait poser les bases d’un mécanisme de sécurisation des investissements, en particulier dans un secteur minier stratégique mais marqué par l’instabilité et les tensions régionales.
Ce projet fait directement suite à l’accord de paix signé en juin dernier à Washington entre les deux pays, sous l’égide des États-Unis. Cet engagement avait été présenté comme une étape décisive vers l’apaisement des tensions politiques et sécuritaires qui opposent depuis plusieurs années Kinshasa et Kigali, notamment autour de la question des groupes armés actifs dans l’Est congolais.
L’initiative vise donc à transformer cette dynamique diplomatique en opportunité économique, en attirant davantage d’investissements étrangers tout en réduisant les risques pour les opérateurs privés.
Washington apparaît une nouvelle fois comme l’acteur central de ce rapprochement, aux côtés d’autres partenaires encore non dévoilés. Les États-Unis cherchent depuis plusieurs mois à jouer un rôle plus affirmé dans la stabilisation de la région des Grands Lacs, où les ressources minières stratégiques — cobalt, coltan, cuivre et autres minerais critiques — attirent l’attention des multinationales.
Le projet-cadre, une fois finalisé, devrait être soumis à la signature des chefs d’État congolais et rwandais à une date ultérieure. S’il aboutit, il constituerait un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux, mais aussi une tentative de tourner la page des rivalités politiques qui minent la coopération entre les deux voisins.
Le secteur minier reste l’épine dorsale de l’économie congolaise, mais également un sujet de convoitise et de tensions. Pour la RDC, ce projet représente l’espoir d’attirer des financements durables et sécurisés. Pour le Rwanda, il s’agit de renforcer son rôle d’acteur incontournable dans le commerce et la transformation des minerais de la région.
Toutefois, des observateurs soulignent que le succès de cette initiative dépendra de la mise en œuvre réelle des engagements pris, dans un climat encore marqué par la méfiance entre les deux capitales.
Par Coco Kingson Cabamba



